Les "Grandes Galeries" vont
mal ! Le comité de direction désigne Lepetit (Fabrice Luchini) pour
redresser le chiffre d'affaire sous un an. Le nouveau directeur expose
aux responsables du magasin ses idées et la mise en application
commence tant bien que mal...
Ce titre prémonitoire devrait peut-être s'appliquer au premier degré,
car, en effet, il ne sort vraiment pas grand chose de palpitant de ce
patchwork. Sur un sujet assez "branché", à savoir la dynamisation d'un
groupe de vente grâce à des moyens divers (saut à l'élastique par
exemple), le film ne réussit qu'à juxtaposer un grand nombre de menus
instants, dont aucun n'est vraiment inventif ou passionnant et de menus
personnages, vaguement croqués, mais dont on ne retient finalement que
fort peu d'éléments. On a l'impression agaçante d'être face à des
morceaux de puzzle dont l'agrégation ne débouche que sur un grand vide,
ou presque. On ne peut même pas dire que les gags ou les trouvailles
tombent à plat, pour la simple raison qu'ils n'existent pas.
C'est désespérément pauvre, aussi bien au niveau des dialogues que
des situations, et la présence de deux tempéraments comme
Luchini et Darroussin ne peuvent rien pour éviter au navire de couler,
car tous deux sont dramatiquement sous-exploités, comme c'est
d'ailleurs le cas pour les quelques idées scénaristiques qui auraient
été susceptibles d'introduire un peu de verve dans ce désert monotone
(par exemple, la découverte par Roger (Pierre-Olivier Mornas) des
parents de Claire (Nathalie Richard), ou bien l'expérience "sur le tas"
de Lepetit, expérimentant la vente en rayon).
Ce n'est ni une comédie (on ne rit pratiquement jamais), ni une étude
sociale (tout est bien trop stéréotypé), ni une satire... C'est... un
petit "rien", gentillet, certes, mais inodore, incolore et même, à la
limite, ennuyeux.