Le
commissaire Pierre Niemans (Jean Reno) est appelé à enquêter sur la
mort plus que mystérieuse d'un nommé Philippe, emmuré vivant dans une
salle du monastère de Labaudieu en Lorraine. Bientôt, plusieurs autres
personnes meurent dans des circonstances aussi violentes que
symboliques. Il s'agit manifestement de faire disparaître un à un douze
personnages qui se considéraient comme les apôtres, et portaient les
mêmes prénoms que leurs homologues de la Bible...
Si les ouvrages de Jean-Christophe Grangé sont sans conteste
passionnants, encore que d'une complexité événementielle un tantinet
outrée, les adaptations cinématographiques qui en ont été tirées
(le premier "Rivières pourpres", "Le concile de pierre")
sont bien loin d'atteindre l'intérêt et la réussite qu'on était en
droit d'espérer. Dans le cas présent, bien que le scénario soit
relativement solide et lisible, on atteint par moments des sommets
d'exaspération et de consternation. Passent encore les ninja moines
dopés aux amphétamines, un finale qui lorgne honteusement vers celui du
"Temple maudit"
ou des
"Aventuriers de l'Arche perdue", des dialogues sans intérêt, une
intrigue à base d'apocalypse qu'on a l'impression d'avoir déjà
visionnée des dizaines de fois, et des personnages totalement creux.
Le pire réside surtout dans l'hypertrophie générale qui gangrène
l'ensemble du
film. Que ce soit les atmosphères plus noires que noires, les images
plus sombres que sombres, les bruitages et les musiques assourdissants,
tout est boursouflé de telle manière que le spectateur a l'impression
soit que le soleil et les centrales électriques sont tombés dans le
coma, soit que son téléviseur a brutalement perdu 95% de sa luminosité,
et que ses baffles vont exploser à chaque seconde. C'est usant, parfois
à la limite du supportable, le plus souvent totalement gratuit, et
finalement ridicule. Qui plus est, sans le moindre humour. Ah si...
Soyons honnête. J'oubliais le "bon mot" du film : ayant failli reverser
en voiture celui qui se prend pour Jésus, Niemans se demande pourquoi
il est "sorti de ses clous"... Hilarant, n'est-ce pas ?
Du cinéma de bûcheron taillé à la hache.