Robin de Locksley (Kevin
Costner) a été fait prisonnier pendant les Croisades. Il réussit à
s'échapper des geôles orientales en compagnie de Azeem "Le grand"
(Morgan Freeman). Tous deux débarquent en Angleterre, mais c'est pour
trouver le cadavre du père de Robin dans son château en ruines. Le
cruel Sheriff de Nottingham (Alan Rickman) secondé par son cousin Guy
de Gisborne (Michael Wincott) met le pays en coupe réglée avec
l'ambition de prendre le pouvoir puisque le Roi Richard Coeur de Lion
tarde à revenir de croisade. Robin retrouve la belle Marianne (Mary
Elisabeth Mastrantonio), cousine du Roi. Mais, ayant eu maille à partir
avec les sbires du sheriff, pour avoir voulu sauver un enfant, il se
retrouve pourchassé et se cache dans la forêt de Sherwood. Là, il fait
connaissance d'une troupe hétéroclite de paysans affamés, dirigés par
le joyeux "Petit" Jean (Nick Brimble). Il ne tarde pas à devenir leur
chef et à s'attaquer à celui qui a tué son père...
L'histoire de Robin des bois
est suffisamment connue de tous, pour ne pas en rajouter. Même si la
légende a pris une très large part, les trames scénaristiques sont
souvent fort ressemblantes. Et il faut reconnaître que, malgré l'écart
monumental qui sépare les époques de tournage et les possibilités
offertes aux réalisateurs, il était difficile de succéder au
chef-d'oeuvre de Michael Curtiz ("Les aventures de Robin des bois",
1938) avec le très charismatique Errol Flynn et Olivia de Havilland !
Kevin Reynolds se tire remarquablement bien d'affaire. Grâce à un
certain nombre d'ajouts qui confèrent à l'histoire un complément
intelligent, humoristique et original. En premier lieu, bien sûr,
l'introduction géniale du personnage d' Azeem, sorte d'ovni parachuté
dans le monde clos de l'Angleterre du douzième siècle, à la fois
redoutable guerrier, révélateur spirituel et mystique. On peut ensuite
citer pêle-mêle la personnification du "méchant", délicieusement
incarné par Alan Rickman, à la limite de la parodie, mais en conservant
néanmoins une réelle noirceur ; la sorcière maléfique et horrifique qui
consulte ses sanglants oracles dans les recoins sombres du château ;
les personnages secondaires pour la plupart brossés avec charisme et
enthousiasme ; la beauté rayonnante de Marianne ; et pourcouronner
l'ensemble, une mise en scène efficace, dont l'originalité n'est pas
forcément très fine (la caméra semblant fixée sur une flèche), mais qui
emporte l'ensemble avec un souffle épique remarquable. La scène de
l'attaque du camp de Robin dans la forêt et celle qui couvre la
pendaison des rebelles sont brillantes et recèlent une vie intense.
Morgan Freeman est, à son
habitude, impeccable. Pour ce qui est de Kevin Costner, je reconnais
aisément qu'il est tout à fait à sa place dans le rôle. On peut même
dire que son apparente fragilité physique donne à son personnage une
vraisemblance réelle. Ceci étant, j'avoue ne pas être un admirateur
inconditionnel de sa personnalité.
Une épopée virevoltante,
humoristique et passionnée, avec en prime la superbe musique de Michael
Kamen...
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