La
police de Détroit traverse une crise majeure. Sa direction vient d'être
confiée à une puissante entreprise, l'OCP, qui doit également
commencer, quelques mois plus tard, la construction de Delta City, une
ville nouvelle, à l'emplacement d'une zone désaffectée. Pour enrayer la
vague de criminalité, le second de l'OCP, Richard "Dick" Jones (Ronny
Cox) a fait mettre au point un robot perfectionné, ED 209. Mais la
première expérimentation de l'engin tourne à la catastrophe. Un
subalterne, Robert Morton (Miguel Ferrer) en profite alors pour ramener
au premier plan un projet mis de côté, "Robocop". un flic 50% homme,
50% machine, dont la puissance phénoménale serait opérationnelle 24h
sur 24. Il suffit de trouver un volontaire... Le destin vient en aide à
Morton, puisqu'un policier nouvellement affecté, Alex J. Murphy (Peter
Weller) vient d'être grièvement blessé alors qu'il traquait le gang
dirigé par Clarence Boddicker (Kurtwood Smith)...
Devenu un grand classique, le film n'a assurément pas la richesse et l'originalité scénaristiques de "Total Recall". Fidèle à son goût prononcé pour la violence graphique (certaines scènes évoquent le futur Quentin Tarentino de "Pulp Fiction", "Reservoir dogs" ou encore "Boulevard de la mort"),
le réalisateur ne lésine pas sur les visions horrifiques de membres
déchiquetés, voire les explosions en tous genres "pour le plaisir".
C'est à peine si Paul Verhoeven s'accorde quelques instants de délire
humoristico-sauvages avec les déboires techniques du robot ED 209.
Pourtant, malgré l'aspect ultra primaire du scénario, malgré la
focalisation sur l'aspect puissance brute de la machine, il est
incontestable que se dégage du film une étincelle d'humanité e une
mélancolie larvée mais puissante. Ce qui ne sera pas le cas des suites
concoctées pour surfer sur la vague de succès rencontrée par l'oeuvre.
Tous les thèmes (manipulation des masses, reprogrammation de la
mémoire, relations conflictuelles hommes-machines...) ont beau être
nettement moins développées que dans "Total Recall",
il n'en demeure pas moins que, malgré ses vingt deux ans d'âge, le film
de Verhoeven garde un impact majeur et ne souffre pas d'un
vieillissement précoce.