Les trois Rois Mages, sans
doute par suite d'une petite erreur d'aiguillage, se retrouvent à la
veille de l'an 2000 à Paris. Il y a donc là Melchior (Bernard Campan),
Balthazar (Didier Bourdon) et Gaspard (Pascal Legitimus). Ils arrivent
séparés, mais, grâce à Macha (Virginie de Clausade), rencontrée par
l'un d'eux dans l'avion, finissent par se réunir. Le plus difficultueux
reste encore à venir : retrouver le Petit Jésus ! Ce n'est pas une
mince affaire...
A priori, ce n'était pas une mauvaise idée comique, du point de vue
scénaristique, de profiter de l'avènement du troisième millénaire, pour
pondre une joyeuse loufoquerie, qui aurait décalqué "Les Visiteurs" sur un mode
plus spirituel. Pas plus mauvaise, en tout cas, que de concocter une "Fin
des Temps"
dans la catégorie thriller fantastique. Si la réussite du film de
Schwarzie laisse pour le moins à désirer, celle des Inconnus ne fait
pas mieux ! C'est le moins que l'on puisse dire, et je trouve cette
conclusion d'autant plus attristante que j'apprécie le talent des trois
compères. Mais, franchement, sans être dans un jour particulièrement
mauvais, j'ai bien de la difficulté à trouver une quelconque jouissance
à cette histoire qui ne manque pourtant pas de couleurs.
Il est indéniable que les ingrédients sont là : anachronismes, gags en
tous genres, situations absurdes, jeux de mots, tentative de satire
tous azimuts, trucages, morphing... Défilent des Bouddhistes, un
Marabout, un directeur de chaîne mégalomane, un jeune zonard de
banlieue assez sympathique, un psy qui perd la boule, un Roi Mage qui
déguste des croquettes pour chien en regardant une sitcom avec ses
collègues... Même un zeste d'émotion dans le personnage de Macha (par
ailleurs joué d'une manière qui me semble pour le moins désinvolte). Et
pourtant, malgré ou à cause de toute cette accumulation, rien ne
fonctionne. C'est à peine si quelques situations parviennent à arracher
un sourire. C'est copieux, parfois un peu indigeste, ça tourne
quelquefois à vide, mais surtout, hélas, c'est irrémédiablement
insipide. Comme si les épices avaient été totalement oubliées.