Julius Cesar (Ciaran
Hinds) a péri sous le poignard de Brutus (Tobias Menzies), son
fils adoptif. Marc Antoine (James Purefoy), qui a échappé de peu à
l'assassinat, part lever une armée. Brutus, de son côté, est contraint
de fuir avec son ami Cassius (Guy Henry), en Asie Mineure. Le jeune
Octave (Simon Woods) tente de se hisser au niveau d'un homme d'état.
Pendant que les puissants se déchirent, la vie des Romains est plus que
précaire. Des luttes entre bandes rivales déciment l'Aventin. Lucius
Vorenus (Kevin McKidd) est chargé de rétablir l'ordre...
Toutes les caractéristiques de la saison 1
sont ici exacerbées, ce qui donne naissance à une oeuvre crépusculaire,
sanglante, complexe et passionnante. Il est bien connu que Caligula ou
Neron étaient des monstres. Mais, dans le domaine de la folie
meurtrière et de la barbarie gratuite, les personnages qui nous sont
présentés ici ne leur cèdent en rien ! Ivres de pouvoir, de sexe, de
richesses, de vengeances, tous plus tarés les uns que les autres, ils
composent un étalage monstrueux particulièrement gratiné. Nous sommes à
mille lieues, ici, des grandeurs solennelles affichées par le "Cléopâtre" de Mankiewicz !
Au moyen d'une reconstitution fascinante, grâce à un scénario luxuriant
et maîtrisé dopé par une audace tant narrative que visuelle
confondante, à un équilibre remarquable entre plongée chez les
puissants et au sein du peuple, et à un choix d'acteurs idéal, se
développe une vision de la Rome
antique aussi terrifiante que fascinante, fort éloignée
de ce que l'on pouvait apprendre à travers les visions classiques et
bien propres sur elles données au collège. Même si les deux ennemis
mortels, l'ambigu Octave et surtout le charismatique Antoine,
accompagnés de la vénéneuse Atia (Polly Walker), puis d'une délirante
Cléopâtre (Lyndsay Marshal), dominent le récit (sans omettre, bien sûr
les deux fidèles amis Titus et Vorenus !), toutes les
personnalités, même secondaires (l'opportuniste Cicéron (David Bamber),
Octavia (Kerry Condon), Posca (Nicholas Woodeson), Agrippa (Allen
Leech)...), sont peintes avec intensité, profondeur et justesse. Au
final, une oeuvre dense, tourmentée, flamboyante, qui marque une étape
majeure dans le réalisme historique et bouleverse avec brutalité notre
conception passéiste de la grande Rome, modèle de culture ou de
gouvernement...