Le Président de la République Française
(Jean-François Deniau !!!) a disparu alors qu'il se trouvait dans son
WC ! La police est sur les dents, en la personne de l'inspecteur
Bérurier (Gérard Depardieu), puisque le commissaire San Antonio (Gérard
Lanvin) vient d'être viré par son directeur, Achille (Michel Galabru),
pour incompétence notoire. Mais cette mise au rancart n'est bien sûr
que provisoire et les deux compères, aidés par le fils de San-Antonio,
Toinet (Jérémie Rénier), mènent l'enquête...
Il y a une trentaine d'années, je me suis régalé des aventures
rabelaisiennes du lubrique commissaire. Mais, bien plus que les
scénarios, parfois rachitiques ou tortueux qui servent de fondement aux
exploits du plus macho des flics français, c'est le délire littéraire
et grammatical de son auteur qui fait le prix de ces extravagances.
Néologismes, calembours, jeux de mots souvent faciles, parfois
hilarants, diarrhées verbales incontrôlées, trouvailles oscillant entre
le scatologique et le raffiné, orgies volcaniques de copulations aussi
improbables que sidérales, tout cela donne une marque
totalement originale aux ouvrages de Frédéric Dard, mais pose en même
temps les limites de l'adaptation possible. J'étais curieux de voir une
transposition contemporaine de cet univers dans une création
cinématographique. Une mouture ancienne : "Béru et ces dames" (1968),
où Gérard Barray et Jean Richard se donnaient la réplique, ne m'avait
pas laissé un grand souvenir...
Ce n'est sûrement pas cette vision moderne
(?) qui fera évoluer la situation ! Plutôt que de faire porter au
réalisateur la responsabilité de cette farce aussi ringarde que
pitoyable, je pense qu'il faut simplement admettre que l'univers créé
par l'auteur, fondé sur la magie diabolique de la valse des mots, est
quasiment inadaptable au cinéma. Lorsque tout ce qui relève de
l'hystérie verbale est éliminé de fait, pour cause de transposition
visuelle impossible, ne demeure qu'un squelette d'histoire
abracadabrante habillé, si l'on peut dire, d'allusions salaces et de
quelques prestations affligeantes (Michel Galabru, oh là là...).
Aussitôt vu, aussitôt oublié. Et vient même à l'esprit que la saga des "Taxi", grandement gâtée par les
suites répétitives et laborieuses, "Taxi 2" & "Taxi
3",
est un divertissement de qualité ! C'est dire...
Question à dix mille euros : Qu'est-ce que Jean-François Deniau vient
faire dans cette galère ?...