Noël,
marquis de Maynes (Mel Ferrer) est cousin de la Reine Marie-Antoinette,
et grand amateurs de duels qui tournent toujours à son avantage. Pour
calmer ses ardeurs qui déciment pour des broutilles les rangs de la
noblesse, la Reine décide de le marier et le présente à) la jeune Aline
de Gavrillac (Janet Leigh). André Moreau (Stewart Granger) est un
séducteur superficiel qui promet le mariage à sa maîtresse Eleonore
(Eleanor Parker), mais ne tient jamais. Un jour, André apprend du
notaire qui lui verse tous les trimestres une somme versée par son père
qu'il n'a jamais connu, que la source est tarie. Il oblige le tabellion
à lui révéler le nom de l'auteur de ses jours : le comte de Gavrillac !
André se rend au château de celui-ci, fait en route la connaissance
d'Aline dont il devient amoureux, et trouve le vieillard sur le point
d'être enterré. Pendant ce temps, l'un des amis d'André, Philippe de
Valmorin (Richard Anderson), publie, sous le psudonyme de Marcus
Brutus, des pamphlets réclamant "Liberté, égalité, fraternité".
Poursuivi par la police du Roi, Philippe est un jour tué sous les yeux
de son ami André, par Noël de Maynes. Moreau n'a plus qu'un désir,
venger son ami. Le seul problème : il ne connaît rien au maniement des
armes...
Grand classique du film de cape et d'épée, célèbre à juste titre pour
son duel final exceptionnel qui utilise intelligemment chaque recoin du
décor d'un théâtre pour l'évolution des deux épéistes, "Scaramouche"
n'a rien perdu de son charme, de son énergie au cours des ans. Il est
un mélange particulièrement réussi de panache, d'aventure, d'amours
légères ou graves, de construction scénaristique, et d'humour. Proche
par certains points du "Capitaine Fracasse" de Théophile Gautier, il
permet au héros de passer allègrement du personnage de farce intégré à
d'amusantes créations théâtrales, au vengeur qui découvre, au-delà de
sa superficialité et de son insouciance, un coeur fidèle et un élan
presque patriotique. Stewart Granger est idéal dans ce personnage
fantasque, tandis que Mel Ferrer compose un "méchant" d'autant plus
venimeux qu'il transperce ses ennemis en conservant le rictus maléfique
qui lui tient lieu de sourire. Et que dire de la beauté radieuse de
Janet Leigh, sinon qu'elle illumine cette oeuvre romanesque de bout en
bout.
Un plaisir toujours renouvelé.