Jean
Laurier (Scorpio) (Alain Delon) est un tueur efficace dont le principal
commanditaire est la CIA. Il avait pour mission d'éxécuter Cross
(Burt Lancaster) lors d'un voyage en Europe, mais ne l'a pas fait.
Cross retrouve sa femme Sarah (Joanne Linville) et lui annonce son
prochain départ pour Vienne. Là, il retrouve son "collègue" russe et
ami, Zharkov (Paul Scofield), qui accepte de le cacher pendant un
certain temps. McLeod (John Colicos), l'un des chefs de service de la
CIA, enjoint à Scorpio d'éliminer définitivement le fuyard, lui
affirmant que celui-ci est un agent double...
Un peu à la manière du "Piège"
de John Huston, sorti la même année, le scénario joue la carte de
l'aventure individuelle, laissant de côté cascades spectaculaires ou
effets voyants. Il est d'ailleurs autant un drame psychanalytique
qu'une oeuvre d'espionnage. Formé par Cross, Scorpio éprouve envers lui
un condensé d'admiration et de respect. Recevoir l'ordre de le tuer
revient symboliquement à supprimer le père, le mentor. Dans un univers
où tout n'est que tromperie, apparences, suspicions, traîtrises,
manipulations, où les hommes ne sont que des pions que la hiérarchie
utilise ou supprime à sa guise, s'opère une chasse à l'homme
internationale entre des personnages dont pas un ( à l'exception
peut-être de Cross ? ) n'est réellement sympathique. Pourtant, il est
impossible de ne pas être intéressé par l'intrigue, d'autant plus
qu'elle bénéficie de la présence des deux interprètes mythiques du
"Guépard". Emporté par la mélancolie d'une
fin de règne, Burt Lancaster se montre, comme à l'habitude,
impressionnant de dignité. Mais dire que l'on est enthousiasmé par
l'ensemble serait fort excessif. C'est plutôt avec une admiration polie
que l'on regarde cette oeuvre aux péripéties assez peu originales et à
la mise en scène ultra classique.