Le jeune John Watson (Alan
Cox) intègre une école londonienne renommée afin de préparer des études
de médecine. A peine arrivé, il fait la connaissance d'un étrange jeune
homme, Sherlock Homes (Nicholas Rowe), qui possède déjà une solide
réputation d'original et de logicien. Justement, diverses morts
mystérieuses, apparemment des suicides, se déroulent depuis quelques
jours. Watson fait la connaissance de la jolie Elizabeth Hardy (Sophie
Ward), fort amie de Holmes et de l'oncle avec lequel elle vit, le
professeur Waxflatter (Nigel Stock), inventeur de machines plus
étranges les unes que les autres. Holmes commence son enquête et Watson
se voit contraint de suivre son nouvel ami, malgré le danger qui se
profile...
Steven Spielberg en tant que producteur, Chris Columbus (futur
réalisateur des deux premiers "Harry Potter") et Barry Levinson aux commandes, voilà du
beau monde pour concocter cette invention totale des jeunes années du
détective le plus célèbre de la planète. Et la réussite est
incontestable.
Dès le commencement, nous sommes plongés dans une atmosphère
londonienne des années 1850, dans le charme des créations fantastiques
de Conan Doyle et dans une intrigue aussi originale que passionnante.
L'ensemble est parfaitement équilibré entre action à résonance
égyptienne, décors fantomatiques et envoûtants, mystère, trucages
anciens mais intégrés à merveille (le guerrier sortant du vitrail est
remarquable), poésie, drame et humour pince sans rire. Le scénariste
s'est régalé en fabriquant un jeune "couple" Holmes-Watson plus vrai
que nature, avec, en prime, les explications événementielles et
psychanalytiques que Doyle n'a pas cru bon de fournir. C'est osé, mais
tout à fait crédible et subtilement fait.
Incarné à merveille, physiquement et moralement, par Nicholas Rowe,
Holmes junior contient déjà en germe toutes les qualités qui
constitueront sa "patte" d'adulte génial : prétention (il est furieux
de ne pas avoir encore maîtrisé le violon alors qu'il en joue depuis 3
jours !), flegme encore souillé par des émotions juvéniles, logique
imparable, goût inné de l'aventure... Quant à Watson, déjà dodu, ses
deux caractéristiques principales sont : la gourmandise et la
couardise. Chapeautées, fort heureusement, par une fidélité absolue. On
y apprend également que le mépris affiché par Holmes pour les femmes ne
vient nullement d'une homosexualité latente mais de... Ne déflorons pas
la conclusion de l'histoire si certains ne connaissent pas encore cette
petite merveille, qui ne se prend jamais au sérieux, et réserve une
multitude de beaux moments d'émotion...
Bernard
Sellier