La
fillette de Claudia (Emma Vilarasau), Angela (Judith Tort), âgée de 5
ans, est retrouvée par la police, assassinée et atrocement défigurée.
Cinq ans plus tard, la jeune femme a beaucoup de mal à se remettre du
choc. Un jour, elle reçoit un coup de téléphone d'une adolescente qui
prétend être sa fille. Tout d'abord incrédule, elle est bientôt
persuadée que Angela est toujours vivante. Elle contacte Bruno Massera
(Karra Elejalde), le policier qui s'était occupé de l'affaire jadis.
Celui-ci vient de quitter la police, mais accepte d'aider Claudia à
découvrir la vérité...
Spécialiste du frisson à l'espagnole, Jaume Balaguero nous a
donné, récemment, un petit bijou de trouille avec son pseudo reportage,
[REC]. Autant la vraisemblance y était patente,
autant elle fait ici cruellement défaut. En puisant de ci de là dans
les grands classiques du genre ("Le silence des agneaux",
entre autres, avec un Santini (Carlos Lasarte) qui se prend pour
Hannibal Lecter), le réalisateur tente de nous faire vibrer à cette
histoire délirante d'isolation du Mal avec un grand "M". Mais, malgré
une Claudia tendue et hystérique à souhait, malgré une ambiance glauque
et malsaine à la "Seven", il est quasiment
impossible d'adhérer à ce récit bâtard, qui voit les protagonistes
égaler en stupidité les jeunots décervelés que l'on voit régulièrement
alimenter les fous furieux ou zombies déjantés peuplant les oeuvres
gore. Jouer avec la surenchère de bouts d'images atroces, de théories
aussi brumeuses qu'embryonnaires, pour déboucher sur une conclusion
abrupte, schématique, pour ne pas dire grossièrement simplette,
ressemble beaucoup plus à un racolage savamment orchestré qu'à une
descente ardente et inventive dans les arcanes du Mal.