Le
Commandant Tom Farrell (Kevin Costner) est un brillant officier. Sa vie
bascule brusquement lorsque deux événements majeurs se produisent
presque simultanément : il devient amoureux de la belle Susan Atwell
(Sean Young) et entre au service du Secrétaire d'Etat à la Défense,
David Brice (Gene Hackman). Le drame intervient lorsque ce dernier tue
accidentellement sa maîtresse. Son bras droit, Scott Pritchard (Will
Patton) décide de le couvrir en remettant à jour une vieille invention
de la C.I.A : la possible existence d'un espion soviétique qui serait
le coupable idéal. Tom Farrel est chargé de débusquer ce fantôme...
Difficile d'imaginer un scénario plus palpitant, qui vous tient en
haleine de la première à la dernière image et vous laisse, à
l'extrême fin, désarçonné, pantelant et frappé de stupéfaction.
Commencé comme une idylle romantique à souhait, illuminé par la
grâce magique et la resplendissante beauté de Sean Young, le film vire
brusquement au thriller et accélére ensuite sans répit dans une
course à l'abîme où Kevin Costner, excellent, ressemble à un homme
dont l'asphyxie est inéluctablement programmée par des forces qui le
dépassent. Mais, et c'est là l'un des intérêts majeurs de cette
oeuvre, tout est faux-semblant. Aucun des personnages n'est totalement
limpide. Tous recèlent les deux faces, celle de la lumière et celle de
l'ombre. En particulier la figure remarquable de Scott Pritchard, qui me
fait beaucoup penser au personnage énigmatique et fort ambigu de Tom
Morgan (Anthony Quinn) dans le western passionnant tourné en 1959 par
Edward Dmytryck ( "L'homme au pistolet d'or"). Il y a peu à
dire de Gene Hackman, toujours aussi charismatique, qui est, à l'instar
de quelques autres acteurs tels Sean Connery ou Henry Fonda, le type
même de la figure qui impose d'emblée sa présence, même si le rôle
n'est que secondaire.
Une réalisation captivante, qui emporte le spectateur dans le
tourbillon de l'urgence et dans la spirale de l'illusion.