Pete Garrison (Michael
Douglas) a fait une carrière remarquée parmi les agents de sécurité de
la Maison Blanche, puisqu'il a reçu, jadis, une balle destinée au
Président Reagan. Aujourd'hui, il travaille toujours dans le même
poste, mais son statut a légèrement changé, puisqu'il est l'amant
secret de la femme du Président, Sarah Ballentine (Kim Basinger).
Lorsque la menace d'un attentat est avérée, et qu'il est quasiment sûr
qu'un espion se dissimule parmi la garde rapprochée, divers éléments
semblent se retourner contre Pete. Son collègue David Breckinridge le
croit d'ailleurs coupable...
Si le film était sorti il y a dix ou quinze ans, peut-être aurait-il
produit une certaine impression positive. En 2006, non seulement il ne
fait plus illusion, mais encore il se confronte à diverses réussites
majeures dans le genre, et ce sont surtout ses défauts que l'on
détecte. La seule explication que l'on puisse trouver à sa conception
réside d'ailleurs dans des motivations fort éloignées de l'intérêt
scénaristique d'une intrigue : à savoir le regroupement d'acteurs
majeurs, dont le succès présent ou la célébrité passée permettront
d'engranger un joli paquet de dollars : Kiefer Sutherland, auréolé de
sa participation à la série "24" ; Michael Douglas, qu'il n'est nul
besoin de présenter ; et Kim Basinger, qui, 20 ans après "9 Semaines et
demie", ne semble pas avoir vieilli d'un mois !
Concrètement, le film se nourrit à moult rateliers, et recycle, souvent
en beaucoup moins bien, un nombre incalculable d'oeuvres. Pour n'en
citer qu'un petit nombre : "Sens
unique", "Ennemi d'état",
"The Bodyguard", "Meurtre en suspens",
sans oublier, bien sûr, le premier épisode de la série "24". Il parvient même, ce
qui est un comble, à gâcher les quelques atouts que sont les acteurs
charismatiques qui l'habitent et une intrigue qui se veut haletante,
tant le scénario est cafouilleux et le montage confus. Dans le genre
agité, fiévreux, Tony Scott se montre infiniment plus efficace et
mordant. La psychologie est, bien sûr, réduite à sa plus simple
expression, et, cerise sur le gâteau, si l'on peut dire, la musique est
soûlante...
A peine de quoi passer une soirée coin du feu agréable...