John Beckwith (Owen Wilson) et son inséparable
compagnon, Jeremy Grey (Vince Vaughn) sont avocats, mais leur passion
est toute autre. Ils sont devenus spécialistes dans une chasse
particulière, celle des beautés invitées lors des mariages. La saison
où ceux-ci fleurissent arrive. Leurs week-ends sont donc très chargés.
L'une des unions retient particulièrement leur attention : celle de
l'une des filles, Christina (Jennifer Alden), du Ministre des Finances
Cleary (Christopher Walken). Cela promet nourriture et invitées de
grande classe. Ils ne sont pas déçus. John remarque particulièrement la
seconde fille du Ministre, Claire (Rachel McAdams). Le problème est
qu'elle est fiancée au sportif Zachary 'Sack' Lodge (Bradley Cooper).
Vous avez dit problème ???...
Inutile de préciser que nous sommes loin, ici, de l'humour classieux,
élégant, de "4 Mariages, 1
enterrement". John et Jeremy, tout comme le réalisateur, ne
travaillent pas dans la finesse, mais dans l'efficacité immédiate. Leur
spectacle se révèle d'ailleurs parfaitement rôdé, et ne laisse que bien
peu de chances, à la proie débusquée, d'échapper à la casserole. Leurs
meilleures armes, souveraines, imparables : la sensibilité. Selon les
circonstances, ils évoquent, larme de rigueur à l'oeil, une expérience
douloureuse dans la conquête de l'Everest ou un parcours tragique dans
la Légion Etrangère. Comment résister à de semblables coeurs ? Personne
n'en est capable ! Pas plus les victimes convoitées que les enfants ou
les vieillards !
Cette comédie, dévastatrice, commence sous très haute tension, avec
quelques parcours frénétiques, épileptiques, d'où l'on ressort au bord
de l'épuisement. Il faut dire que John est particulièrement
logorrhéique, et que la musique n'a que de très lointaines relations
avec une symphonie de Mozart. Puis, heureusement, une certaine accalmie
se présente. Les deux rapaces entrent dans l'intimité du Ministre, ce
qui nous donne droit à un dépeçage jouissif de la famille soi-disant
haut de gamme, dans laquelle brillent particulièrement, autour d'un
Christopher Walken impérial, son épouse et sa fille Gloria (Isla
Fisher), aussi déjantées que nymphomanes, ainsi qu'un fils homo,
peintre, et obsédé, Todd (Keir O'Donnell). La comédie sentimentale
prend dès lors le pas sur l'excitation primaire du commencement. Dans
le principe, il serait normal de le regretter, mais une certaine dose
de vitriol arrose régulièrement les séquences, ce qui permet au
spectateur de se délecter ponctuellement, tout en se reposant les
oreilles. Les figures obligées du genre sont toutes présentes, bien en
ordre : chute dans l'escarcelle du Dieu Eros, démasquage, éloignement,
dépression, renaissance... Autant dire, la panoplie complète du parfait
petit scénario romantico-vaudevillesque. Un zeste de vulgarité,
modernité branchée oblige. Au final, un tandem excité, parfois
excitant, une histoire sans surprise, mais rondement menée, et quelques
figures mémorables.