Vincent Mandel (Yvan Attal), photographe de renom, est sur le
point de divorcer. Sa femme, Hélène (Minna Haapkilä), fille d'un
milliardaire allemand, désire regagner Munich en compagnie de ses
deux enfants, Mathieu et Juliette (Manon Tournier). Alors que Vincent
fait tout son possible, aidé par Sam (Simon Abkarian), son avocat,
pour empêcher cette séparation, il est faussement accusé de viol
par une jeune modèle, Sofia (Olga Kurylenko). Pourtant, la plainte
est retirée. C'est alors que Vincent retrouve, "par
hasard", un ancien compagnon de collège, Joseph Plender (Clovis
Cornillac)...
La machination vengeresse n'est pas un thème nouveau dans le cinéma,
loin de là ! On se souvient, en particulier de "Ricochet",
ou des deux "Nerfs à vif",
dans lesquels Gregory Peck puis Nick Nolte subissaient les
persécutions de Robert Mitchum et Robert DeNiro. Le présent film ne
possède pas l'aura mythique de ses prédécesseurs, mais il est
impossible de nier son efficacité immédiate. Montée avec une
vivacité extrême, parfois excessive, ce qui donne aux séquences
l'impression de se télescoper tant elles sautent allègrement le
temps et l'espace, l'histoire conserve cependant, de la première à
la dernière image, une impression d'urgence, de folie
tourbillonnante, qui scotche le spectateur à son fauteuil.
L'atmosphère, oppressante, ne connaît quasiment aucune baisse de
tension, malgré un scénario aux raccourcis souvent abrupts. Le choix
de Yvan Attal et surtout de Clovis Cornillac, parfaitement
effrayant sous ses dehors policés, n'est pas étranger à la
réussite de l'ensemble. Le timing serré des événements dramatiques
ne laisse guère le temps de s'attacher aux personnages secondaires,
mais cela ne nuit pas vraiment à la crédibilité de l'intrigue, et
les quelques scènes qui voient apparaître un Pierre Richard,
méconnaissable en avocat pleutre, restent vivantes dans la mémoire.
Bien que le dénouement soit classique, il n'en demeure pas moins
préférable à celui, tortillé voire frustrant, de "Ne
le dis à personne".
Dans le genre, il est possible de préférer les menées vénéneuses
d'un "Harry, un ami qui vous veut du
bien", mais voilà tout de même un thriller à la
française, qui, pour une fois, se montre aussi équilibré que
percutant.