La
petite Sharon (Jodelle Ferland), fille adoptive de Rose (Radha
Mitchell) et de Christopher (Sean Bean), est sujette à un somnambulisme
prononcé. Elle évoque souvent le nom de Silent Hill. Il s'agit en fait
d'une petite ville minière, qui, des années auparavant, a subi
une mystérieuse catastrophe. Contre l'avis de son mari, Rose
décide d'y emmener Sharon afin qu'elle guérisse de ses cauchemars. A
peine entrée dans la cité abandonnée, la fillette disparaît. Rose
commence une interminable quête...
Interminable, c'est sans nul doute le terme qui convient le mieux à
cette histoire. Durant toute la première heure, le spectateur doit
suivre Rose dans une interminable enfilade de couloirs, sombres, bien
évidemment, avec, comme il se doit, rencontres multiples de choses
animées du genre morts-vivants informes mais très agressifs. Montée
d'escaliers, descentes d'escaliers, remontées d'escaliers, jeu de
cache-cache périlleux, coucou elle est là, tiens elle a disparu... Le
temps paraît très long, bien que Christophe Gans sache installer une
atmosphère aussi pesante que flippante, tantôt dans le huis-clos de
pièces délabrées et de fournaises menaçantes, tantôt dans un extérieur
grisailleux au milieu duquel les cendres n'en finissent pas de tomber.
Cris, hurlements, épouvante, c'est décidément fort agité pour une
"colline silencieuse" ! Même si l'on sursaute plus d'une fois, même si
l'adrénaline jaillit ponctuellement, la patience finit par être mise à
rude épreuve, et l'on se dit que le dénouement devra se révéler
hautement stupéfiant pour justifier cette avalanche de séquences
terriblement répétitives.
Alors
que l'histoire semblait se diriger vers un thème à la manière de "Zone rouge", le scénario
bifurque dans une autre orientation avec rituels macabres, fanatisme
outrancier , vengeances d'outre-tombe, qui sont loin, d'ailleurs,
d'expliquer nombre de séquences de la première partie.
Celles-ci, dès lors, demeurent assez énigmatiques. Quant au
dénouement, il flirte avec le grotesque dans une orgie finale
d'exécutions assez grand-guignolesque. Autant dire que, malgré une
tension dramatique constante, une mise en scène inspirée, et des
acteurs, Radha Mitchell en tête, convaincants, l'ensemble, débordant
d'effets qui semblent bien souvent gratuits, ne convainc pas vraiment
et, surtout, mériterait d'être raccourci d'une bonne demi-heure. Une
déception.
> Le film sur IMDB.com