Un
tueur en série sévit. Jack Crawford (Dennis Farina) convainc son
ancien collègue, Will Graham (William Petersen), qui s'est retiré du
service après la difficile arrestation, quelques années plus tôt, de
Hannibal Lecktor (Brian Cox), de lui apporter ses lumières. Jack, qui
avait subi une grave perturbation psychique, hésite puis accepte. Il
tente de comprendre le fonctionnement mental de l'assassin, et rend
visite à Lecktor dans sa prison, afin d'obtenir une piste...
En
trente cinq ans de carrière, Michael Mann n'a pas donné naissance à
beaucoup de films, mais ses rares réalisations n'ont pas manqué
d'imposer une personnalité forte. "Le
dernier des Mohicans", "Heat",
"Révélations",
"Ali", et "Collateral",
ont tous, dans leur genre, marqué le septième art. Dans ce film, qui
est un de ses premiers connus, il inaugure la longue série de ceux qui
seront consacrés au monstrueux Hannibal Lecter (ou Lecktor), et à ses
disciples. Comparée au "Silence des
agneaux" ou à "Seven",
l'oeuvre semble classique, linéaire, voire relativement pâle.
Pourtant, elle ne manque pas de qualités. Si William Petersen ne
possède pas le charisme et l'intensité dramatique que Jodie Foster et
Brad Pitt affichent dans leurs rôles respectifs, si le récit ne
recèle que peu de ces abîmes d'ombres qui créent l'angoisse et le
mystère, il n'en demeure pas moins que l'immersion progressive de Will
dans les fantasmes du tueur, par ailleurs intelligemment présenté
comme une personnalité multiforme et complexe, colore l'ensemble du
drame d'un halo grisâtre et pathologique assez envoûtant. Dommage que
le dénouement se montre aussi prosaïque, bien loin de l'insoutenable
et grandiose final de "Seven".