Rick Santoro (Nicolas Cage)
est un flic d'Atlantic City. Magouilleur, dragueur, prétentieux. Ce
soir-là, il assiste au combat de boxe des poids lourds en compagnie de
son meilleur ami, le Commandant Kevin Dunne (Gary Sinise), chargé de la
sécurité du Secrétaire d'Etat à la Défense, Charles Kirkland (Joel
Fabiani). Au moment où l'un des combattants, Lincoln Tyler (Stan Show),
se fait mettre K.O., le ministre est assassiné à deux mètres de Rick,
qui voit là une occasion unique de donner un coup de pouce médiatique
à sa carrière médiocre.
Dès les premières images, on retrouve la patte de Brian de Palma, ses
panoramiques en apesanteur, sa caméra virtuose, hypersensible, qui
semble à l'affût de chaque visage, de chaque recoin (le survol des
chambres de l'hôtel, comme si le plafond avait été arraché par une
main magique), pour débusquer un élément vital de l'histoire .
Celle-ci commence brillamment, avec un Nicolas Cage survitaminé, qui
donne l'impression d'occuper tout l'espace de sa mince silhouette. Un
coup magistralement monté, avec ce qu'il faut de suspense, de femmes
énigmatiques, de personnages suspects. Le tout emballé dans un montage
ingénieux, mêlant présent et flash back. Puis, à mi-parcours, alors
que l'on pouvait s'attendre à une enquête longue, fertile en
rebondissements et fausses pistes, le réalisateur flingue brutalement
le mystère.
Nous avons donc droit à un final assez abrupt, sans grandeur, sans
mystère, banal pourrait-on presque dire, bien éloigné de celui qui
couronne "Sens
unique", et constitue
véritablement une apothéose suffocante. C'est assez rageant, car le
souvenir qui perdure est celui de ce soufflé somptueux retombant
brutalement.