Michael Hunter (Andy Garcia)
est un psychologue réputé. Il est marié et a deux enfants, un garçon,
Kyle (Trevor Blumas), renfermé, dépressif, et une fille, Shelly (Linda
Cardellini). Un soir, l'adolescent se suicide. Trois ans plus tard,
Michael, séparé de sa femme et de sa fille, est contacté par Barbara
(Teri Polo), une ancienne élève. Elle lui demande d'étudier le cas de
Thomas Caffey (Vincent Kartheiser). Son père, Joseph (Sam Bottoms) est
incarcéré depuis une dizaine d'années pour le meurtre de sa femme.
L'enfant est placé, depuis cette période, dans un foyer, mais sa
majorité approche et il doit, théoriquement, être "rendu" à
la vie normale. Bien qu'il n'accepte plus aucun patient depuis le drame
qui l'a frappé, Michael accepte et commence les rencontres avec
Thomas...
Le film part sur la piste balisée de l'étude psychologique d'un cas
difficile. On a droit au thérapeute bouleversé par un drame personnel,
à la difficulté qu'il éprouve à réinvestir son talent et sa passion
dans le sauvetage d'un cas pathologique supposé, ( un peu à la manière
du docteur Sean Maguire (Robin Williams) dans "Will
Hunting" ),
ainsi qu'à sa vie déchirée par un évident sentiment de culpabilité.
Contrairement à l'opinion de certains critiques, Andy Garcia et Vincent
Kartheiser me semblent tout à fait à leur place dans l'exposition de ce
drame. Le premier est sensible et sobre. Le second, arborant un visage
assez angélique, laisse percer un subconscient inquiétant, à
travers son visage et son regard lisses. Chez l'un comme chez l'autre,
l'intensité paraît en veilleuse, comme chez deux fauves qui s'observent
avant l'assaut. Tout dans cette première partie, n'est cependant pas
d'une finesse exemplaire. Les surimpressions d'images passé-présent,
ainsi que les affrontements verbaux, en particulier. Mais l'angoisse,
sous-jacente, suggérée, est efficacement présente dans cet ensemble où
les non-dits sont rois.
Vient
alors la seconde partie qui bifurque carrément vers le thriller à plus
ou moins gros sabots, la composition haletante dans laquelle la
psychologie laisse la place à l'urgence et au sauvetage des victimes.
Evidemment, il est compréhensible que cette plongée dans le
sanguinolent, mêlé de révélations plaquées avec une certaine
ostentation douteuse, amène des réserves sur l'ensemble. La
délicatesse, qui, dans la première moitié, avait sa place, en prend
alors un coup dans l'aile et le spectateur se retrouve propulsé dans un
final policier efficace mais classique. D'où une relative déception
devant cet écartèlement qui s'affiche avec un certain artifice,
d'autant plus que Vincent Kartheiser, jusqu'alors convaincant dans le
suggéré, perd un peu d'expressivité dans le révélé.
Dans l'ensemble une oeuvre assez déconcertante et qui ne laissera pas
forcément un souvenir durable.