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avant J.C. Le Légat romain Claudius Glaber (Greg Parker) obtient des
Thraces qu'ils luttent au côté des légions afin de repousser
l'invasion des Gètes. Mais bientôt, il change d'avis et décide, pour sa
gloire personnelle, d'aller combattre Mithridate, laissant les villages
thraces à la merci des ennemis. Spartacus (Andy Whitfield) refuse
d'obéir et entraîne avec lui ses compatriotes. Il réussit à sauver sa
femme Sura (Erin Cummings), mais Glaber le fait prisonnier et vend la
jeune femme comme esclave...
Des décors ultraminimalistes, laids à faire peur, dans le style de "300".
Des geysers de sang numérique qui inondent l'écran à tout bout de
champ. Des ralentis, arrêts sur image en veux-tu en voilà... Le moins
qu'on puisse dire est que, si le réalisme et la crudité s'apparentent
fortement à ceux de "Rome",
le niveau
d'exploration et la qualité de la peinture s'en éloignent de cent
lieues. Certes, il est indéniable que la civilisation romaine, tant
vantée dans les enseignements scolaires de jadis, n'avait rien de très
glorieux et de profondément respectable. Mais ici, les scénaristes ont
délibérément chisi de ne mettre en exergue que la barbarie la plus
outrancière, histoire, sans aucun doute, de donner naissance à une
production hors du commun. Les affrontements sont bestiaux, le peuple
romain est débilissime, et les pulsions des protagonistes se réduisent
à quelques instincts basiques. Autant dire que pour la subtilité, il
est indispensable de se tourner vers d'autres fictions !
Mais... Oui, il y a presque toujours un "mais"... Au milieu de ce
déluge de sang et d'animalité brute, il y a Andy Whitfield. Et il n'y a
nul besoin d'évoquer son tragique décès récent pour affirmer qu'il
marquera cette saison de manière indélébile. Habité par une rage
viscérale, qui n'est pas sans rappeler celle de Maximus-Russel Crowe
dans "Gladiator",
il permet de plonger
corps et biens dans ce maelstrom primaire aux relents a priori
plutôt repoussants et de se passionner pour sa quête d'une union
impossible. Il serait également injuste d'oublier quelques personnages
marquants : le Gaulois Crixus (Manu Bennett), ainsi que le couple
délicieusement pourri composé de Batiatus (John Hannah) et de Lucretia
(Lucy Lawless), auquel la beauté discrète, tant intérieure
qu'extérieure, de Naevia (Lesley-Ann Brandt), apporte un contrepoint
vibrant de dignité et d'humanité. Quant à l'intensité dramatique, elle
ne fait que croître inexorablement, offrant périodiquement quelques
scènes à la véhémence inoubliable. Il est d'autant plus regrettable que
ce qui est un drame à facettes multiples, socio-historique, mais plus
encore profondément humain, soit défiguré par des débordements visuels
dignes d'un blockbuster bassement voyeuriste.
Film sur
IMDB