Peter Parker (Tobey Maguire)
est un jeune homme myope, plutôt complexé et passablement mal dans sa
peau. Il vit chez son oncle Ben (Cliff Robertson) et sa tante May
(Rosemary Harris). Il est amoureux de sa voisine Mary Jane Watson
(Kirsten Dunst), mais celle-ci lui préfère Flash, un gros balèse. Un
jour, en visitant une exposition d'araignées, Peter est piqué par un
spécimen modifié génétiquement. Le lendemain il observe les premiers
signes de mutations particulièrement inquiétantes mais qui lui ouvrent
la porte de grandes possibilités ! Pendant ce temps, le père d'un de
ses camarades, un puissant créateur scientifique, Norman Osborn (Willem
Dafoe), entreprend d'expérimenter lui-même un système d'optimisation
des capacités physiques humaines. Mais le résultat n'est pas vraiment
celui qu'il attendait, car il se métamorphose périodiquement en un être
maléfique d'une puissance inouïe...
J'ai toujours détesté les bandes dessinées, les hommes chauve-souris et
autres créations abracadrantesques, et ce n'était pas, a priori,
l'histoire d'un homme-araignée, qui paraissait apte à me faire changer
de goût. Bien au contraire. Eh bien, le résultat de la vision de ce
Spider-man troisième millénaire est plus que mitigé. Les quarante
premières minutes laissent présager un résultat plutôt positif. Le
choix de Tobey Maguire, excellent en adolescent timide et boutonneux,
pas vraiment top model, est judicieux. L'installation de sa
métamorphose ne révolutionne pas le genre, c'est le moins qu'on puisse
dire, mais laisse augurer d'une suite où l'intelligence et l'humour
simple remplaceraient avantageusement les gros sabots et les délires
que l'on a été habitué à voir dans certaines productions issues de
comics.
Et puis le méchant débarque et l'on retombe tristement dans l'excès du
n'importe quoi. Il faut justifier les millions de dollars d'effets
spéciaux et le scénario, au fond plus que lâche, oscille entre les
interventions grotesques du "Green Goblin", ridicule chose en
plastique, et les prouesses volantes de Spider-man, sans grand rapport
avec le sujet, mais utiles pour meubler le vide de la pellicule
et montrer ses capacités inégalables pour sauter de
gratte-ciel en gratte-ciel. Même son amour secret pour Mary Jane,
sympathique au commencement, tire en longueur comme dans le cas de
Superman et de Loïs Lane.
Et l'on finit par suivre d'un oeil distrait et vaguement ennuyé les
bonds perpétuels de ce énième sauveur du monde. Mais je reconnais sans
peine que je n'ai plus l'âge de ce type d'aventure beaucoup plus proche
du jeu vidéo que du film tel que je le conçois. En tout cas, il ne faut
pas être étonné que, nourris et hypnotisés dès le plus jeune âge par ce
monde totalement virtuel, certains enfants, plus fragilisés que la
moyenne s'amusent à rouler à 100 à l'heure en sens interdit, histoire
de vérifier leur invulnérabilité...
Triste !