1928
en Egypte. Le père de Catherine Langford, archéologue, met à jour un
étrange anneau comportant des symboles inconnus. Une soixantaine
d'années plus tard, Catherine (Viveca Lindfors) prend contact avec un
brillant jeune professeur d'égyptologie, Daniel Jackson (James Spader).
Il se retrouve dans la base militaire secrète de Creek Mountain, dans
le Colorado, où est caché l'anneau. Les études ont progressé, mais le
secret final n'est pas découvert. Daniel ne tarde pas à éclairer la
lanterne des scientifiques. L'objet est en fait une "porte" sur les
étoiles. Un commando, dirigé par le Colonel Jonathan 'Jack' O'Neil
(Kurt Russell) est envoyé dans l'au-delà, à quelques millions
d'années-lumière, en compagnie de Daniel. Ils "débarquent" sur une
planète désertique et rencontrent bientôt les habitants du lieu...
L'idée de départ est intéressante. Il est toujours délicieux de se
replonger dans les racines mystérieuses de cette civilisation
égyptienne qui est loin d'avoir livré tous ses secrets. En particulier
en ce qui concerne ces pyramides dont la complexité de construction
laisse pour le moins perplexe. Relier ce passé mythique avec les
explorations intergalactiques est évidemment excitant.
La signature de Roland Emmerich peut, en revanche, laisser craindre,
sinon le pire, du moins des débordements d'un goût pour le moins
douteux. "Godzilla" et "Independance
day" ne font
pas vraiment dans la finesse... Sans aller jusqu'à dire qu'il s'est ici
maîtrisé, car on n'échappe bien sûr ni aux méchant dominateurs, ni aux
batailles dévastatrices, ni au prosélytisme patriotique (les indigènes
de la lointaine planète gratifient leurs libérateurs terriens d'un
beau salut militaire !), ni aux approximations simplistes, le
film trouve néanmoins une certaine grandeur épique. Grâce,
principalement, à quelques effets spéciaux qui plongent le spectateur
dans un univers fantasmagorique hybride, incorporant les
représentations des dieux antiques aux technologies futuristes. C'est
assurément du massif, du rudimentaire, du spectacle brut à la mode
blockbuster hollywoodien, mais on ne peut dénier à certains passages
une certaine gueule qui persiste dans la mémoire.
Les acteurs, exception faite, à la rigueur, de James Spader, sont à
l'image de la réalisation : rudimentaires et monolithiques. Kurt
Russell, dès son apparition à l'écran, en colonel dépressif, sous une
barbe de huit jours, et le faciès hermétique, annonce bien la couleur :
"on n'est pas là pour rigoler !". Et bien erreur ! Il décroche, pendant
les cent vingt minutes du film, deux sourires de trois secondes chacun
! Ah mais ! Il ne faut pas croire que les êtres, même militaires,
n'évoluent pas...