Jane
Hetzko (Diane Venora)
enseigne dans un collège "difficile". L'un de ses élèves, Juan Lacas
(Marc Anthony), chef de gang, la menace un jour de représailles.
Quelques jours plus tard, alors qu'elle fait son jogging, la jeune
femme est
agressée par un inconnu. La jambe cassée, elle est contrainte de se
faire remplacer. Son compagnon, Jonathan Shale (Tom Berenger) est
justement disponible. De retour d'une mission para militaire à Cuba,
dans le but de mettre fin aux agissements d'un groupe de
trafiquants, il a été lâché, ainsi que ses compagnons
survivants, par le gouvernement, peu désireux d'être impliqué dans
un incident diplomatique avec La Havane. Jonathan se fabrique un
curriculum vitae professionnel et intègre le collège dans la classe de
Jane...
Nous ne sommes évidemment pas ici dans le monde du "Cercle des Poètes disparus",
et le "remplaçant" campé par un Tom Berenger, toujours aussi solide,
charismatique, mais peut-être un peu rouillé par l'âge et l'embonpoint,
n'a pas tout à fait les mêmes méthodes que John Keating pour obtenir
l'attention de sa classe. D'autant plus que, très rapidement,
l'histoire quitte le lycée et surtout l'enseignement pour se tourner
vers un
polar traditionnel à base de vilains narco-trafiquants, et de notables
pourris jusqu'à la moelle. Les péripéties sont très prévisibles et on
ne peut pas dire que l'approche des problèmes sociaux des étudiants
soit d'une subtilité folle. Nous sommes dans le costaud, l'univers des
gros bras, et le narratif rudimentaire. Heureusement "Monsieur Smith"
ne joue pas trop au Rambo des villes et prend même un certain nombre de
pains durant les 90 minutes de film, ce qui donne à l'ensemble un
minimum de crédibilité. Dommage quand même que le scénario ne soit pas
un poil plus ambitieux, et que le dénouement, du type gros calibre, se
révèle aussi basique et sans inventivité.