L'inspecteur Harry Callahan
(Clint Eastwood) dans sa quatrième aventure. Il est ici confronté à
une justicière femme qui élimine un par un les violeurs de sa soeur,
tandis que les membres d'une organisation mafieuse lui dépêchent des
hommes de main pour le punir d'avoir tué un gros ponte de la
mafia d'un coup de crise cardiaque !
Dixième (déjà !) réalisation de Clint Eastwood metteur en scène.
Une certaine originalité se dégage de ce quatrième épisode de "Dirty
Harry", quant au thème principal. Dès les deux ou trois
premières scènes et répliques, il redonne au personnage
d'insoumis son agressivité première envers le laxisme des autorités
policières et judiciaires et accentue l'aspect violemment désespéré
qui avait été quelque peu gommé dans les épisodes 2 et 3. Tout comme
dans "Magnum
force", l'inspecteur est ici
confronté à la justice personnelle d'autrui. Mais, est-ce dû à ses
idées profondes qu'il a eu tout loisir d'introduire dans le scénario
qu'il met lui-même en scène, ou bien au fait que la
"coupable", Jennifer Spencer, est jouée par Sondra Locke, sa
compagne d'alors, l'auto-punition est ici, sinon approuvée, du moins
justifiée et acceptée.
Le traitement recèle en revanche peu de surprises majeures. C'est du
classique, scénaristiquement bien ficelé, avec suffisamment de scènes
d'action pour soutenir l'attention du spectateur, un humour plus
fréquent qu'auparavant, et un finale dans un décor de manège qui
ménage un clin d'œil aux duels westerniens des premiers rôles de
Clint dans les films de Sergio Leone.
Le choix de Sondra Locke, héroïne au physique hitchkockien, au visage
de masque de cire impassible, est particulièrement judicieux.
Un bon opus dans la série des 5 "Harry"...