Après quelques mois de détention pour de menus
larcins, Clovis Michael
Poplin (William Atherton) est enfermé dans un Centre de Réinsertion du
Texas. Sa femme, Lou Jean (Goldie Hawn) lui rend un jour visite,
désemparée : leur fils, Langston, lui a été retiré et a été
confié à une famille d'accueil, M. et Mme Looby (Louise Latham). Lou
convainc son mari de s'enfuir avec elle, afin d'aller reprendre leur
enfant à Sugarland. A la suite d'un contrôle de police, ils se voient
dans l'obligation de prendre en otage un agent, Maxwell Slide (Michael
Sacks). Une folle poursuite commence à s'engager...
Une des premières oeuvres de Spielberg, après l'inquiétant et
mystérieux "Duel", qui avait été tourné pour la
télévision. Ici, malgré la gravité du sujet (inspiré de faits
réels, survenus au Texas en 1969), c'est la fantaisie qui domine. Le
choix de Goldie Hawn n'est d'ailleurs pas un hasard. Son petit minois
facétieux et ses crises d'excitation infantile faisaient merveille dans
les comédies aventureuses, du genre "Drôle d'embrouille"
(1978). Même si le traitement de l'histoire semble hésiter constamment
entre farce et drame, Spielberg fait montre en fait d'un équilibre
déjà impressionnant dans le dosage des composants. On retrouve
également trace de l'idéalisme qui ne le quittera jamais plus. A la
jouissance de voir ce défilé toujours plus impressionnant de voitures
de police suivant à la queue leu leu, comme des petits chiens dociles,
le véhicule des fuyards, s'ajoute bientôt un phénomène sociologique,
puisque tous les habitants des villes traversées prennent fait et cause
pour la mère désemparée. Sans atteindre l'émotion qui imprègne le
magique "Monde parfait" de
Clint Eastwood, le réalisateur parvient à instaurer une atmosphère
psychologique crédible et à captiver le spectateur par nombre de
petites anecdotes ludiques.