Notre
bon vieux soleil est en panne. La terre est devenue une antichambre de
la glacière absolue. Une équipe d'astronautes est envoyée en mission
vers notre étoile afin d'y insérer une bombe atomique destinée à le
"relancer". C'est la mission Icarus 2. En effet, la mission
Icarus 1, envoyée 7 ans plus tôt a manifestement échoué. Alors que
le vaisseau spatial s'approche de Mercure, des signaux semblant
appartenir à Icarus 1 sont captés...
L'équilibre
est toujours difficile à tenir pour ce genre d'entreprise (nous parlons
du film, bien sûr, pas de la tentative scientifique pour le moins
utopique !). Soit l'oeuvre se tourne vers la méditation intersidérale
à la manière de "2001, Odyssée
de l'espace". Soit elle lorgne vers le grand guignol et le
n'importe quoi patriotique, à la sauce "Armageddon".
Danny Boyle a de toute évidence privilégié la première approche, et
ce ne sont pas les références envers le film de Stanley Kubrick qui
manquent, heureusement ici modernisées et vivifiées. Les décors sont
superbes, vraisemblables, illuminés en permanence par les vibrations
chaleureuses et dorées de notre bienveillant soleil. De plus les
acteurs semblent y croire, ce qui permet au spectateur de ne pas
chercher une impossible réponse à la myriade de questions que chaque
séquence menace de déverser sur nos cervelles liliputiennes. Au fur et
à mesure que l'aventure se développe (on pense plus d'une fois au
merveilleux "Abyss" de James Cameron,
( sans en atteindre toutefois l'aura émotionnelle et magnétique ), un
paradoxe grandit progressivement : bien que le vaisseau se rapproche de
notre étoile centrale, les péripéties deviennent de plus en plus
nébuleuses. Heureusement le réalisateur tient bon le cap originel, et
ce qui aurait pu sombrer dans un délire gore, façon "Alien"
se dissout en fin de compte dans un humanisme mystique et poétique,
fort éloigné des habituelles fanfaronnades patriotiques dont nous
régalent nos "amis" américains. L'envoûtement n'est pas
forcément au rendez-vous, mais l'ensemble des drames vécus par
l'équipage, bien que traditionnel (dilemmes, doutes, sacrifices,
accidents...) nous touche plus d'une fois droit au coeur. Ce n'est
déjà pas si mal...