Superman (Brandon
Routh) a mystérieusement disparu depuis 5 ans. Son amie, la journaliste
Loïs Lane (Kate Bosworth) vit avec Richard White (James Marsden) et a
donné naissance à un petit Jason (Tristan Lake Leabu). Un jour,
l'envoyé de la planète Krypton refait son apparition lors de
circonstances tragiques. Le lancement d'une navette spatiale, à partir
d'un avion gros porteur dans lequel ont pris place nombre de
journalistes, dont Loïs, est gravement perturbé par une panne générale
de tous les instruments magnétiques. Le responsable de cet événement
n'est autre que l'ennemi juré de Superman, Lex Luthor (Kevin Spacey),
qui prépare une création pour le moins colossale...
Bryan Singer avait abandonné le tournage du troisième volet de "X-Men" pour se consacrer à cette
entreprise. Au vu de ce que Brett Ratner en avait fait, cette absence
se révélait regrettable. Mais, en compensation, il était possible
d'imaginer que nous aurions droit à un nouveau Superman transcendant.
Quel désappointement ! La question qui sert de (vague) fil conducteur à
l'intrigue est : "Le Monde a-t-il besoin d'un Sauveur ?". Le sujet est
effectivement crucial dans une époque où la course à l'abîme semble
entamée avec une persévérance cauchemardesque. Mais, beaucoup plus
prosaïquement, le spectateur lambda peut légitimement se demander, à la
vision de ce film, si le mythe Superman avait vraiment besoin d'une
resucée. Parce que, hormis une poignée de moments poétiques, une pincée
d'humour, et quelques décors impressionnants, rien, ni dans le
scénario, ni dans la prestation des acteurs, ne nous apporte vraiment
de quoi alimenter l'émotion ou l'imaginaire. En comparaison de la trame
richement machiavélique de "X-Men 2",
(sans oser remonter jusqu'à la géniale création de "Usual Suspects"),
celle-ci affiche une rare indigence. Bon, il faut en convenir, la
trouvaille du méchant de service (d'ailleurs plus ridicule que
menaçant) est, sauf erreur, une nouveauté. Pas un des adversaires de
James Bond n'avait encore vu cette idée germer dans son cerveau. Mais,
hormis cela, que reste-t-il ? D'éternelles prouesses toujours aussi
connues, la mèche et les lunettes ridicules de Clark Kent, beaucoup de
spectaculaire numérisé, et une psychologie réduite quasiment au degré
zéro. Le temps passe, Superman, archétype du surhomme bienfaisant, vole
dans tous les sens, et Loïs se montre toujours aussi aveugle. Rien de
nouveau sous le soleil.
Une grosse déception.
Bernard
Sellier