Kimberly
Wells (Jane Fonda) travaille dans une chaîne de télévision
californienne. Elle est envoyée un jour faire un reportage à la
centrale nucléaire de Ventana. Pendant la visite, une secousse
tellurique survient, provoquant ce qui semble être un incident majeur
qui, heureusement, est sans conséquences immédiates. Le cameraman de
l'équipe, Richard Adams (Michael Douglas) a filmé en cachette les
réactions des responsables, en particulier Jack Godell (Jack Lemmon).
Mais lorsque Kimberly veut faire passer le reportage à la télévision,
elle essuie un refus de son responsable, Don Jacovich (Peter Donat).
Celui-ci a reçu des ordres supérieurs, car la diffusion d'un tel
élément serait de nature à retarder l'ouverture d'une nouvelle
centrale...
Sept ans avant Tchernobyl, les créateurs de l'histoire ne
pensaient sans doute pas que la réalité viendrait rapidement donner
corps à leur fiction. Celle-ci, trente ans après, a conservé toute sa
pertinence, dans un monde où, plus que jamais, règne en maître
l'intérêt d'un petit nombre au détriment de celui de l'immense majorité
des humains. Enquêtes bâclées, tests des organes de la centrale
sabotés, désinformation généralisée, rien n'a changé sous le ciel du
vingt et unième siècle et les chances sont infimes que l'avenir proche
voie un changement de cap des soi-disant élites mondiales. Plus
passionnante que nombre de thrillers, intensément habitée par les deux
journalistes et un Jack Lemmon impeccable, l'histoire évolue avec une
intelligence et une progression dramatique parfaitement
conduites. L'équilibre entre suspense, données techniques, vie
trépidante de la chaîne, psychologie sommaire mais judicieuse des
personnages, est idéalement conservé jusqu'à un dénouement
particulièrement judicieux.