Quentin "de Montargis"
(Gérard Depardieu), un braqueur nullissime, se retrouve en
tôle après un énième hold-up calamiteux. Comble de malchance, tous les
détenus dont il partage la cellule, pètent les plombs au bout
de quelques heures de vie commune ! Une idée surgit alors dans l'esprit
du commissaire Vernet (Richard Berry), qui tente en vain d'arracher une
syllabe à Ruby (Jean Reno), redoutable truand récemment incarcéré, qui
a dérobé 20 millions d'euros à l'ignoble Vogel (Jean-Pierre Malo) :
introduire auprès de lui Quentin ! Persuadé d'avoir trouvé un nouvel
ami, celui-ci devient l'ombre de Ruby au point de s'évader avec lui...
Après un "Placard" peu enthousiasmant malgré
sa sonptueuse distribution, Francis Veber retrouve le fonds de commerce
qui a fait sa gloire et qu'il a jalonné, il faut le reconnaître, de
petits joyaux délicieux, style "La chèvre" ou "Les
Compères".
Il a changé la marque déposée "François Pignon", tandis que la recette,
elle, demeure immuable : la confrontation explosive de deux
tempéraments diamétralement opposés : l'abruti au grand coeur,
logorrhéique à souhait, digne fils spirituel de l'empereur Jacques
Villeret dans "Le dîner de cons", et du "super-glue man" si
jouissivement incarné par Jacques Brel dans "L'emmerdeur" d'Edouard
Molinaro, et, face à lui, une brute taciturne qui n'a pas encore
découvert le dissolvant capable de dessouder la sangsue qui le suce
!
Jean Reno n'a pas grande difficulté à rendre crédible ce personnage
qui, de "Leon" à "Opération Corned-beef", en passant par "Les Visiteurs" est devenu désormais son
clone parfait. Gérard Depardieu campe avec vraisemblance un idiot
sympathique, touchant, même si, à mon sens, il est plus convaincant de
l'autre côté de la barrière. Francis Veber joue la carte de la facilité
en surfant sur des péripéties routinières incrustées dans un scénario
aux séquences passablement répétitives.
Heureusement le rythme est enlevé et l'ensemble se laisse regarder avec
plaisir. Dommage que les seconds rôles soient si minces et que, en
particulier, André Dussollier tout comme Richard Berry, ne fassent
qu'une figuration squelettique...