Raymond 'Ray' Tango
(Sylvester Stallone) et Gabriel 'Gabe' Cash (Kurt Russell) sont deux
flics de Los Angeles, aussi différents dans leurs tempéraments et look,
que semblables dans leur efficacité professionnelle. Cela ne fait pas
du tout l'affaire de Yves Perret (Jack Palance), qui voit régulièrement
ses activités criminelles destabilisées par les deux policiers. Il
décide donc, contre l'avis de ses associés, Lopez (Marc Alaimo) et Quan
(James Hong), de leur tendre un piège, plutôt que de les supprimer et
d'en faire des martyrs, ce qui ne manquerait pas de décupler la rage de
leurs collègues. La machination fonctionne fort bien, puisque Tango et
Cash sont condamnés pour le meurtre d'un collègue...
De deux choses l'une. Ou bien le spectateur ne prend en compte que
l'aspect totalement artificiel de l'entreprise, avec son ratissage tous
azimuts. Dans ce cas, il fera le compte, avec plus ou moins de
délectation, d'énervement, ou d'impatience, de toutes les fictions qui
ont inspiré les créateurs : la série des "James Bond" (on a droit, ici
aussi, à un "Requin" (Brion James), à un clone de "Q", croisé avec le
"Doc" de "Retour vers le
Futur") ; mais aussi la suite des "Arme Fatale", le couple
Blanc-Noir étant ici remplacé par un duo Dandy-Clodo ; voire à une
évocation de "Starsky et Hutch"... Bref, un recyclage tout sauf
original. Ou bien le spectateur décide de reposer totalement ses
méninges, de profiter du divertissement qui lui est offert, et de jouer
le rôle du bon public. Dans cette hypothèse, il reconnaîtra que le
tandem fonctionne plutôt bien, que les vannes fusent avec allégresse,
que la futilité de l'ensemble est joyeusement assumée, que la totalité
des ingrédients est dévolue au spectacle, et que le cocktail
humour-action est loin d'être déplaisant. D'ailleurs, un Ray Tango qui
déclare d'emblée, en réponse à la boutade d'un collègue, que "Rambo est
une pédale", ne peut qu'être accepté joyeusement. L'intrigue n'a pas
plus d'intérêt ou de consistance que dans la plupart des polars de
seconde zone, genre "Echec et mort",
ou "Piège en haute mer".
Mais, entre deux Ingmar Bergman, ce genre de distraction, uniquement
destinée à détendre les zygomatiques, peut être le bienvenu...
Bernard
Sellier