"Tatie
Danielle" (Tsilla Chelton) vit en province avec Odile (Neige Dolsky),
une vieille femme qui lui sert de bonne à tout faire. Lorsque celle-ci
meurt en tombant d'une échelle, alors qu'elle nettoyait un lustre,
Tatie accepte la proposition de ses neveux, Jean-Pierre Billard (Eric
Prat) et sa femme Catherine (Catherine Jacob) : venir vivre avec eux à
Paris. Commence alors un long calvaire... pour le couple et ses deux
enfants...
Etienne Chatiliez est attiré par les situations ou les
personnages extrêmes, ("Tanguy", "La vie est un long fleuve
tranquille", "La confiance règne"),
auxquels il n'hésita pas à rajouter des couches épaisses, histoire de
renforcer encore la caricature. Dans le cas présent, nous assistons
donc à un récital de Tsilla Chelton, idéale, il faut le reconnaître
dans cette incarnation d'une quintessence pure de la vieillarde
détestable. Acariâtre, agressive, sournoise, hypocrite, manipulatrice,
lâche, menteuse, elle visite avec délectation une suite quasi infinie
de tous les travers humains exacerbés par la vieillesse et la bêtise.
Devant elle, réceptacle idéal pour ses cruautés, un couple
délicieusement neuneu, bonnes pâtes dont la finesse psychologique
flirte avec le zéro absolu. Le scénario aligne donc, tout au moins
durant la première partie, une suite jouissive de méchancetés visant
indistinctement adultes, enfants, sans oublier le chien. La subtilité
de l'analyse psychologique n'est certes ni le but ni le fort du
réalisateur, mais, si le rire est souvent jaune devant cette avalanche
primaire de vilénies, il est indéniable qu'il n'en est pas moins
présent.