Kálmán Balatony
(Gergely Trócsányi), Hongrois, est une force de la nature et son
but dans la vie est de décrocher une sélection pour concourir avec les
meilleurs bâfreurs du monde. Son père était un militaire obsédé
par la sexualité . Son fils, Lajoska (Marc Bishoff), aussi gringalet
que son père est obèse, deviendra taxidermiste., et obsédé par
l'immortalité...
Attribuer une note "moyenne" de 4 étoiles à une oeuvre semblable
paraît une aberration ! Ce devrait être un 6 étoiles pour le spectateur
admiratif et subjugué par une histoire totalement hors normes, habitée
de personnages aux pulsions et aux appétits extrêmes, racontée avec une
crudité et une franchise rares dans le cinéma traditionnel. Ce pourrait
tout aussi bien être un 1 étoile, pour le spectateur submergé et
radicalement écoeuré par cette descente dans les bas-fonds de la nature
humaine, où n'ont droit de cité que laideur, connerie monumentale,
monomanies pétrifiantes, et où la dénesure règne d'un pouvoir absolu.
Lorsque l'extrémisme visite les parcours vitaux de personnalités
hors du commun ("Crash", de David Cronenberg, par exemple, "Trouble every day", ou encore "O Fantasma"),
il est parfois bien difficile de s'intéresser aux délires maniaques qui
occupent la totalité des pensées et des actions des protagonistes, mais
sont tout de même assez éloignés des celles du spectateur lambda assis
au coin de son feu. Paradoxalement, une étrange fascination se
dégage du film de György Palfi, au point que sont attendues avec une
curiosité excitée, troublée (et
malsaine ?), les descentes aux enfers des trois membres de cette
famille déliquescente. Il est tout de même permis de se poser des
questions sur l'attirance immodérée du créateur pour la portion la plus
primaire, nauséabonde et sordide de l'être humain. A ce titre des
séquences comme le concours de goinfrerie, enflammé par les
encouragements extravagants de communistes abrutis, et suivi de séances
longuement développées,
non moins stupéfiantes, au cours desquelles les participants dégueulent
toute la boustifaille engloutie, ou encore la déchéance de Kalmar,
devenu une sorte de Jabba le Hutt effrayant, sont des morceaux
d'anthologie à marquer d'une pierre... noire, qui s'imprègnent de
manière indélébile dans la mémoire du cinéphile. L'homme est assimilé à
un animal (et pas seulement symboliquement, il suffit de voir la
naissance de Kalmar !), mais il est évident qu'aucun animal terrestre
ne contrecarrera ses instincts au point de se métamorphoser en un
monstre, ce que devient le sus nommé...