Andy Clarke (Evan Richards),
accompagné de sa compagne Karen (Fay Ripley) tourne à Moscou
un film d'horreur. La soeur de Karen, Billy Hughes, muette, est chargée
de maquiller les acteurs. Un soir, Billy se retrouve accidentellement
enfermée dans les studios de tournage. Elle assiste au tournage d'une
scène pornographique qui lui semble se terminer par le véritable
meurtre de l'actrice par deux hommes. Elle réussit à leur échapper au
moment où Karen survient. Mais la police, appelée sur les lieux, ne
trouve aucun indice et les supposés coupables prétendent qu'il ne
s'agissait que d'un simulacre...
Quelle nuit ! Et quelle angoisse ! On ne voit effectivement dans tout
ce drame que bien peu de lumière, au propre comme au figuré. Le
scénariste n'a pas lésiné sur les moyens. D'abord le choix d'une
héroïne incapable de prononcer un seul mot. Ce qui ne facilite pas
vraiment la communication de ce que l'on vient de vivre, surtout
lorsqu'il y a de quoi en avoir la chair de poule ! Ensuite un décor de
tournage cauchemardesque qui donnerait le cafard à un régiment
d'optimistes. Ce ne sont que souterrains ruisselants, cages
d'ascenseurs repoussantes, couloirs glacés, détritus dont on a presque
l'impression de ressentir la pestilence. Et dans tout cela des tueurs
qui collent aux fesses (charmantes) de la délicieuse héroïne ! Avec, en
prime, un scénario habilement agencé, une oppression constante, et
d'efficaces rebondissements jusqu'à la fin finale... Une petite pointe
d'humour, tout de même, avec l'incapacité chronique d'Andy dans le rôle
du sauveteur ! Il n'y a pas à dire, le spectateur qui aime flipper en a
pour son argent. Naturellement, on peut toujours ergoter sur quelques
détails agaçants, qui semblent coller définitivement à ce type de
thriller. Par exemple l'héroïne qui, poursuivie et menacée de mort,
décide de rentrer seule chez elle. Et, bien évidemment, de prendre son
bain ! C'est fou ce que, depuis "Psychose", les futures victimes aiment
fréquenter les douches et les baignoires lorsqu'elles sont harcelées
par des tueurs... Enfin... Si cela doit faire partie des passages
obligés, pourquoi pas !
Un bon cru avec, en prime, le charmant visage de Marina Zudina...
Bernard
Sellier