Richard Poulenc (Jacques Gamblin), sans domicile fixe, passe
devant les tribunaux pour fausses déclarations. En effet, il a
dissimulé aux organismes sociaux son mariage avec Catherine Sperry
(Zabou Breitman), toujours valide, bien que la rupture soit effective
depuis longtemps. Son seul espoir, afin d'éviter neuf mois
d'emprisonnement, est de contacter Catherine et d'obtenir une
attestation de séparation ainsi qu'une demande en divorce. Justement,
la jeune femme, flanquée de son compagnon américain, futur candidat
à la Présidence, est de passage à Paris. Richard se rend dans le
Palace où les tourtereaux sont descendus, mais se fait éjecter par
le portier. Simultanément, le Directeur de l'hôtel (Jean Yanne),
apprend qu'un enquêteur inconnu va mener un audit sur la tenue de
l'établissement...
Pour celui qui a commencé à connaître Philippe Lioret par ses
derniers films ("Mademoiselle",
"L'Equipier", et "Je vais
bien, ne t'en fais pas"), la surprise est grande en visionnant
celui-ci ! En effet, le sérieux affiché, dans les deux derniers
surtout, ne laissait pas supposer que la comédie faisait partie de
l'univers du réalisateur. Oh... Pas de méprise. Il ne s'agit
nullement, malgré quelques poussées ponctuelles de délire sage,
d'une farce débridée. Mais plutôt d'une comédie de moeurs
enjouée, qui visite avec discrétion, voire timidité, la déchéance
sociale, la démagogie politique, et l'hypocrisie des nantis. Si
certains scénarios se révèlent rachitiques, en manque de matière,
ce n'est pas le cas ici. Les événements, tout comme les personnages,
se bousculent, au point que l'on approche parfois l'overdose.
Certains, d'ailleurs (Raoul Duchemin (Urbain Cancelier) et sa nouvelle
race de poulets), ne sont pas franchement indispensables. Mais il
serait malséant de faire la fine bouche, tant cette histoire regorge
de vie, d'idées, le tout emballé avec élégance et rythme. Philippe
Lioret a su conserver tout au long de l'oeuvre une tenue effectivement
correcte, ne déviant jamais dans le facile ou le mauvais goût.
Daniel Prévost est un peu sous-exploité, mais quel plaisir de
retrouver Jean Yanne dans ses compositions de gros ours très mal
léché !