2029.
Los Angeles est un champ de ruines dans lequel s'affrontent êtres
humains survivants et machines perfectionnées. Skynet, l'ordinateur
central contrôlant les robots, a envoyé dans le passé deux
Terminator, destinés à éliminer celui qui doit devenir le chef de
la résistance humaine, John Connor. Le premier, parvenu en 1984,
avant que Sarah Connor ne soit enceinte, a échoué. Le second arrive
quelques années plus tard. Il s'agit d'un T 1000 (Robert Patrick),
modèle en poly-alliage mimétique, ultra performant. John Connor
(Edward Furlong), âgé d'une douzaine d'années, est devenu un
garnement, élevé par des parents adoptifs, Todd Voight (Xander
Berkeley) et sa femme Janelle (Jenette Goldstein). Sarah, obsédée
par la vision du conflit nucléaire qui doit détruire le monde en
1997, est enfermée dans un hôpital psychiatrique. Mais, en même
temps que l'arrivée du T 1000, se produit celle d'un autre Terminator
(Arnold Schwarzenegger), programmé pour protéger l'adolescent...
S'il ne
fait pas de doute que c'est "La
guerre des étoiles" qui, en 1977, a inauguré une nouvelle
ère dans le monde des effets spéciaux, c'est l'oeuvre de James
Cameron qui a véritablement ouvert une porte révolutionnaire dans la
crédibilité des trucages numériques. Quinze ans après,
"Terminator 2" demeure un chef-d'oeuvre indémodable
d'aventure épique et fantastique. Alors que nombre de réalisations
alignent une foultitude de cascades gratuites, souvent plus grotesques
que convaincantes, pour le simple besoin d'épater une galerie
toujours plus exigeante, "T2" offre au spectateur son
content de spectaculaire, mais intelligemment associé à un drame
émotionnel captivant et à une réflexion sensée sur la
responsabilité des scientifiques.
La
"créature" incarnée par Schwarzenegger avec un faux
sérieux réjouissant, n'est pas sans évoquer le futur Jack Slater de
"Last action hero", ou
encore l'extra-terrestre de "Starman",
découvrant les émotions humaines au fil de sa fuite avec Jenny
Hayden. Quant à l'hypothèse fondatrice de l'histoire, directement
issue de "2001, Odyssée de
l'espace", où le robot "Hal" quittait le stade
d'exécuteur passif pour celui d'une individualité consciente et
créatrice, elle mêle de manière passionnante les paradoxes
temporels, souvent visités par le cinéma ("Retour
vers le futur", "Nimitz,
retour vers l'enfer"...), des morceaux de bravoure
époustouflants (impossible d'oublier le T 1000 se reconstituant
après avoir été décomposé par l'azote liquide), et un panaché de
personnages dont la sensibilité et la psychologie ne sont jamais
sacrifiés. Enorme machine dans laquelle action, humour discret et
imagination se marient avec bonheur, mais également fresque intimiste
qui se clôt sur un dénouement aussi simple qu'émouvant.
Génial...
P.S. Le
commentaire ci-dessus concerne la version "Director's Cut"
de 145'.