Le pharaon Kheops (Jack
Hawkins) revient victorieux d'une campagne militaire. Il rapporte de
nombreux trésors ainsi que d'innombrables esclaves. Obsédé par son
devenir après sa mort, il entasse un butin considérable destiné à le
suivre dans l'autre monde. Mais comment se créer une sépulture
inviolable ? Ses architectes en sont incapables. Il s'adresse à l'un de
ses prisonniers, Vashtar (James Robertson Justice), dont il avait
admiré les travaux défensifs contre ses troupes. Il pose à
Vashtar le problème, et celui-ci lui offre une solution inédite.
Pendant de nombreuses années, des milliers d'esclaves bâtissent la
pyramide. D'abord avec joie, puis avec de plus en plus de colère.
Pendant ce temps, Khéops, devenu amoureux d'une belle diplomate,
Nellifer (Joan Collins), la choisit comme seconde épouse. Mais cela ne
suffit pas à l'ambitieuse jeune femme. Que deviendrait-elle si son mari
décédait, puisque seule la première femme hériterait de la fortune !
Que faire, sinon supprimer cet obstacle mineur...
Il est assez
déroutant de voir le réalisateur de "Rio Lobo" ou de "Les
hommes préfèrent les blondes", de deux ans antérieur, dans un
péplum ! Le résultat est plus que passionnant ! Sans acteurs de premier
plan et avec un scénario, somme toute, assez mince, Hawks réussit à
construire une fresque romanesque parfois à la limite du documentaire,
dont l'intérêt ne faiblit jamais. Il est assez impressionnant de voir
ces milliers de malheureux harassés, tirant avec des cordes les
monstrueux blocs de pierre. Et même si la technique d'érection des
pyramides reste encore aujourd'hui très mystérieuse, le choix proposé
par le metteur en scène est vraisemblable dans sa démesure et sa folie.
A côté de ces images dont l'ampleur évoque parfois la démesure de
"Cléopâtre", se déroule le drame humain entre Khéops et la venimeuse
Nellifer, plus classique dans son traitement. Jack Hawkins campe avec
conviction ce pharaon tout puissant, obsédé par son devenir et par la
perte de ses richesses. Quant au finale, la cérémonie à l'intérieur de
la grande pyramide, il est inoubliable.
Une réussite sobre et
intelligente dans ce genre qui a compté tant de délires kitsch...