Le Monarque Chandra (Walter
Reyer) est veuf. Devenu follement amoureux d'une danseuse sacrée,
Seetha (Debra Paget), il la fait venir à son magnifique palais
d'Eschnapur. Pendant le voyage, le convoi est attaqué par un redoutable
tigre. Elle ne doit son salut qu'au courage de l'architecte français
Henri Mercier (Paul Hubschmid), qui se rend également auprès du
Maharadjah. La jeune femme s'éprend de son sauveur. Pour compliquer
encore la situation, le Prince Ramigani, frère de Chandra, (René
Deltgen) et le Prince Padhu (Jochen Brockmann) s'inquiètent des
attirances occidentales de leur monarque et de sa trahison envers la
Maharani défunte, soeur de Padhu...
Bien loin des décors
futuristes de "Métropolis", c'est au coeur des sublimes palais du
Radjasthan que Fritz Lang filme cette aventure exotico-érotique (enfin
de l'érotisme de 1958 !), agréablement distrayante et suffisamment
mouvementée pour maintenir en éveil le spectateur de 2003, habitué aux
morceaux de bravoure plus abracadabrants les uns que les autres. Oh,
bien sûr, les découvertes de Mercier dans les souterrains du palais
paraissent bien fades en comparaison de celles d'Indiana Jones dans le
Temple Maudit. Le carton-pâte des rochers est quelquefois un peu
voyant. Certes la romance que roucoule Seetha (en français !) prête à
sourire ! Assurément Paul Hubschmid est loin d'avoir la prestance ou
l'éclat de Robert Taylor ou d'Errol Flynn et paraît même assez falot à
côté de Chandra. Malgré tout, il est bon de se plonger dans ces décors
naturels du Radjasthan, de vibrer à une histoire d'amour simplement
éternelle, bref de quitter pour deux heures les artifices de "Matrix"
ou les cascades débilissimes de certains films qui n'ont rien d'autre à
offrir. Il faut admettre que certaines scènes : l'arrivée de Chandra au
Temple, la danse de Seetha, ne manquent ni de grandeur, ni de poésie.
Et puis, si le commencement de l'histoire s'apparente à un téléfilm,
une certaine progression de l'intensité dramatique s'installe peu à
peu, permettant à l'oeuvre de s'extirper de la banalité qui la menaçait.
La scène finale (enfin
provisoirement finale, puisque l'aventure se poursuit dans "Le tombeau
hindou") rappelle, avec une intensité bien amoindrie, celle, ô combien
poignante qui clôt le superbe "Duel
au soleil" de King Vidor, tourné en 1946.
Bien évidemment,
de Fritz Lang, on aurait pu attendre davantage...
Il faut préciser que le
doublage français n'est pas des plus... réussis !