Le
Maharajah Chandra (Philip Dorn) parcourt le monde à la recherche de son
épouse, Indira (La Jana), qui l'a quitté pour l'amour de Sasha Demidoff
(Gustav Diessl). Il apprend qu'elle danse dans une salle de Bombay sous
un nom d'emprunt. Aux côtés du monarque, se trouve Irene Traven (Kitty
Jantzen), qui éprouve une grande hâte de rejoindre le Bengale où oeuvre
son fiancé, Fürbringer (Hans Stüwe), pour la construction d'un imposant
tombeau destiné à... devenir la sépulture de Sitha vivante... De son
côté, Ramigani (Alexander Golling), cousin de Chandra rêve de prendre
la place de celui-ci sur le trône...
Je n'ai jamais eu l'occasion de lire l'ouvrage de Thea von Harbou dont sont inspirés le film de Fritz Lang ("Le tombeau hindou")
et celui-ci. Le moins que l'on puisse dire est que les récits et les
visions des deux cinéastes sont fort différentes. Et, ce n'est pas la
moindre des surprises, cette version beaucoup moins connue est loin
d'avoir à rougir devant celle du grand réalisateur de "M le Maudit".
Bâtie sur un scénario plus riche, aux péripéties plus développées,
peuplée de personnages plus vivants, plus réalistes, voire un tantinet
truculents (l'architecte Sperling (Theo Lingen)), parsemée de scènes de
foules ou d'affrontements fort convaincants pour l'époque, dotée de
maints détails qui rendent l'atmosphère plus vraisemblable et
authentique, l'histoire présentée ici est une excellente preuve
que l'ancienneté d'un film n'est pas forcément synonyme de ringardise
ou de vétusté. Les dialogues sont vifs, l'humour est discrètement
présent, et, si le dénouement n'atteint pas la dimension initiatique
qui habitera celui de 1959, la richesse de l'ensemble, son originalité
ponctuelle (le curieux duel d'éléphants), donnent paradoxalement un
coup de vieux à la version de Lang, pourtant richement colorée et
postérieure de vingt ans, mais narrativement assez terne et dotée d'une
crédibilité médiocre.
Bernard
Sellier
04/08/2009