Un
film est tourné au Vietnam d'après le livre d'un ancien survivant de
guerre, "Feuille de trèfle" Tayback (Nick Nolte), sauvé d'un camp de
prisonniers par un commando de choc. Mais le réalisateur, Damien
Cockburn (Steve Coogan) a déjà pris un mois de retard au bout d'une
semaine de tournage. Il ne parvient pas à canaliser ses acteurs et, à
la suite d'une méprise, le responsable des effets spéciaux fait
exploser la jungle alors que les caméras ne tournent pas. Ecoeuré par
tant d'incompétence, Tayback propose au metteur en scène de plonger ses
acteurs au milieu de la forêt, et de les filmer sur le vif grâce à des
caméras dissimulées un peu partout. Tugg Speedman (Ben Stiller), Kirk
Lazarus (Robert Downey Jr.), Kevin Sandusky (Jay Baruchel) se
retrouvent donc isolés dans la jungle, croyant que Damien, qui vient de
sauter sur une mine, a concocté des effets spéciaux particulièrement
réalistes...
Dynamitage en règle des superproductions guerrières façon "Rambo 2"
ou "Portés disparus", cette histoire décapante, aussi saignante
matériellement que parodiquement, possède de solides atouts.
Principalement dans sa brochette de personnages-acteurs qui se régalent
dans l'auto-dérision et le cabotinage assumé. Le passage à la
moulinette des codes du genre, des images stéréotypées de héros
bodybuildés ou de comédiens faussement proprets, la désintégration de
la fascination maladive exercée par de pseudo modèles ringards, sont
souvent jouissifs. Entre Ben Stiller, en route sur la pente du désastre
médiatique, Robert Downey Jr. dans la peau d'un Australien pigmenté
façon Sénégalais, le producteur Less Grossman (Tom Cruise), obsédé par
le fric, ou encore Tayback qui n'est pas vraiment celui que l'on croit,
chacun en prend pour son grade et cette mise au pilori parfois féroce
des faux-semblants qui inondent les écrans ne peut qu'exciter
l'intellect et les zygomatiques. Cela dit, il est assez regrettable que
le dénouement revienne dans les passages cloutés traditionnels, ce qui
n'est pas sans saper en grande partie l'effet subversif et corrosif de
la première partie. Dommage, car sur le plan purement visuel et
rythmique, Ben Stiller réalisateur, démontre infiniment plus de talents
que le Damien Cockburn de l'aventure !