Michael Dorsey (Dustin
Hoffman) est un excellent acteur de théâtre, mais son caractère
difficile et ses exigences de qualité font que peu à peu toutes les
portes des producteurs se ferment devant lui. Même son agent, George
Fields (Sydney Pollack) se voit contraint de le boycotter. Son amie
Sandy Lester (Teri Garr), qu'il avait accompagnée à un essai sur le
tournage de la célébrissime série "Hospital South West",
est, elle aussi, refusée. L'idée vient alors à Michael de se
présenter, travesti en femme, aux auditions. Contre toute attente, le
réalisateur, Ron Carlisle (Dabney Coleman) l'engage...
Si le film de Sydney Pollack est avant tout une comédie, le style et
l'approche humoristique sont à l'opposé des délires hénaurmes du
genre "La Cage aux Folles". Sans atteindre réellement une
étude psychologique fine, le scénario permet, par l'intermédiaire des
différentes péripéties, de visiter avec intelligence, sinon
profondeur, les perturbations émotionnelles et les découvertes
sensibles que le changement de sexe génère. Dans ce jeu
d'illusions et de miroirs déformants, on atteint le paradoxe étonnant
que Michael, englouti dans l'artificiel le plus absolu, devient, aux
yeux de tous, l'archétype d'un être profondément "centré".
La performance de Dustin Hoffman demeure exceptionnelle, et la grâce
fragile de Jessica Lange n'a pas été émoussée par le temps. En
revanche, la critique des sitcom a particulièrement vieilli, même si
elle reste amusante et même si des "dinosaures tels "Les Feux
de l'Amour" continuent à sévir sur certaines chaînes, tant les
séries modernes ("Dr. House"...) se situent à des
années-lumière de celle à laquelle participe Michael-Dorothy.
Heureusement, si l'on excepte le personnage hautement parodique du
Docteur Van Horn (George Gaynes), tous les autres échappent au
simplisme et à la caricature grossière. Une réussite sympathique.