Elise
Clifton-Ward (Angelina Jolie) est une femme soigneusement surveillée à
la fois par la police et par un mafieux anglo-russe, Reginald Shaw
(Steven Berkoff). L'homme avec lequel elle vit depuis un an, Alexander
Pierce, a en effet dérobé plus de deux milliards au mafieux, et doit
sept cents millions de livres au Trésor britannique. Elise reçoit un
message de son amant lui enjoignant de prendre le train pour Venise et
de choisir au hasard un voyageur, afin de lancer les poursuivants sur
une fausse piste. Le "hasard" tombe sur un professeur de mathématiques
du Wisconsin, Frank Tupelo (Johnny Depp)...
N'ayant pas vu le film original dont celui-ci est le
remake ("Anthony Zimmer"), j'ignore si le déroulement des péripéties
est fidèle au modèle. Si c'est le cas, il est légitime de se demander
l'intérêt d'une semblable resucée au bout de cinq ans, si ce n'est,
bien sûr, pour promener Angelina Jolie, en robes affriolantes, dans une
Venise de carte postale. En effet, si le point de départ de l'histoire
est toujours un peu excitant (un inconnu pris pour un autre, façon "La mort aux trousses"),
le développement se révèle bien trop prosaïque pour susciter des
émotions profondes. Les dialogues sont sans intérêt, les caractères
totalement insipides, et Johnny Depp aussi bien que sa partenaire
semblent aussi passionnés par le sujet qu'ils sont censés faire vibrer,
que s'ils tournaient une publicité pour Panzani. Ne reste, à la
rigueur, que la chute, bien que, sans être devin, celle-ci soit
subodorée bien avant qu'elle ne tombe.
Une sorte de "Usual suspects"
du pauvre, certes agréable à regarder, mais à réserver surtout aux
admirateurs inconditionnels d'Angelina Jolie (dont je ne suis pas...).
Le plus surprenant reste tout de même que Florian Henckel von
Donnersmark, auteur du palpitant "La vie des autres", ait pu être attiré par une histoire aussi superficielle. Une sacrée baisse d'ambition... Ou un repos bien mérité ?...
Film sur
IMDB