Harry (Jack Nicholson), la
soixantaine bedonnante, mais toujours verte, s'apprête à passer un
week-end explosif en compagnie de la jeune et jolie Marine ( ).
Malheureusement, la maison de campagne qui devait être vide voit
arriver la mère, Erika (Diane Keaton) et sa soeur, ....(Frances
McDormand), peu ravies de découvrir un étranger sous leur toit. Comble
de malchance, Harry est victime d'un petit accident cardiaque. Soigné
par le docteur .....(Keanu Reeves), il reçoit l'autorisation de quitter
l'hôpital, à condition de demeurer dans les parages. Erika, venue
terminer dans le calme sa dernière pièce de théâtre, se voit attribuer
le rôle ingrat de garde malade...
Cette variation
sur les difficiles adaptations amoureuses imposées tant par l'âge, que
par le traumatisme d'un divorce, ou encore par la peur forcenée de
s'engager, commence d'une manière assez peu engageante. Toute la partie
: rencontre, observation, agressivité mutuelle, sent la fausse
spontanéité et la fabrication d'un objet policé selon les standards
classiques de la comédie américaine, qui nous sont fréquemment servis.
Les personnages sont caricaturaux : Erika est coincée, prude, refoulée.
Harry est un vieux beau qui drague pathologiquement toutes les minettes
qui n'ont pas atteint vingt-cinq ans, pour se persuader qu'il est
encore dans le Top 10 amoureux. Il y a même la soeurette qui
vient faire son petit numéro de brillante spécialiste pour qui les
cinquantenaires n'ont pas de secret, et disparaît ensuite.
Puis, la promiscuité et un
coup de pouce scénaristique aidant (l'attitude d'Erika se métamorphose
bien rapidement !), la relation entre les deux personnages évolue de
manière plus élaborée, tandis que l'on assiste à un "épluchage de
l'oignon" de chacun. Les carapaces se lézardent, les sentiments et une
émotion vraie font leur apparition, un parallèle intelligent, quoique
conventionnel, se développe entre la vie d'Erika et la trame de sa
pièce, qui prend la forme d'une thérapie. Ce laborieux accouchement de
l'authenticité dans deux tempéraments perturbés, s'offre, à la fin, une
mélancolie assez poignante.
Il y a surtout deux
merveilleux acteurs (car il faut préciser que les rôles dits
"secondaires", le sont ici vraiment. Même Keanu Reeves hérite d'un
personnage de faire-valoir assez falot. Seule une belle et courte scène
entre Marine et sa mère retient l'attention.). Nicholson, fidèle à sa
légende, sourire carnassier, oeillades assassines, avec, tout de même,
les fissures que le temps implacable impose aux séducteurs les plus
indestructibles. Et Diane Keaton, délicieuse, dont le visage traduit
avec un charme inégalable et une sensibilité à fleur de peau, les
moindres soubresauts du corps, du coeur et de l'âme. Ce charme qui
semble naître d'une intense lumière intérieure. Un régal...