Kenneth Zevo (Donald O'Connor) est le PDG
plus que farfelu d'une usine de jouets. Sentant sa fin proche, il
convoque son frère, le Général Leland Zavo (Michael Gambon), afin de le
convaincre de prendre les rênes de la société. Kenneth est en effet
persuadé que ses deux enfants, Leslie (Robin Williams) et Alsatia (Joan
Cusack), ne sont pas suffisamment mûrs pour assumer cette lourde
responsabilité...
Un an après "Hook", Robin Williams replonge dans le
monde des enfants et de leurs fantasmes. On ne sera pas surpris de le
voir en faire des tonnes dans un rôle où le délire visuel se mêle
intimement à l'hystérie psychologique. Des décors flamboyants tout
droit sortis de l'imagination débridée d'un rêveur farfelu, des scènes
qui prennent le contre-pied systématique du sérieux habituel (ce n'est
pas si souvent que le fou rire se déclence au cours d'un enterrement
!), des trouvailles esthétiques et ludiques réjouissantes... Tout
commence assez bien, à condition, naturellement, de supporter les
pitreries de Leslie. Lorsque l'inquiétant s'annonce, et que la première
heure s'est écoulée dans l'excitation permanente, le soufflé commence à
donner des signes de fatigue. Le message véhiculé est aussi consensuel
que limpide et gentillet : nos enfants ne doivent pas être précipités
dans la violence. Quant à l'apocalypse finale, victoire des légions du
bien sur celles du mal, elle sombre dans un cafouillage visuel et
narratif, plus ennuyeux que réellement enivrant. Peut-être le film
aurait-il dû porter en exergue la mention : réservé aux moins de dix
ans...