Jorge
(Cesar Ramos) est un jeune adolescent Mexicain qui vit de petites
combines avec ses amis. Par exemple détrousser un touriste américain en
le menaçant avec des pistolets à eau. Mais le jour où sa petite soeur
Adriana (Paulina Gaitan) est enlevée par les mafieux russes afin d'être
vendue comme esclave sexuelle, sa vie bascule. Il trouve la trace des
ravisseurs, la perd, et rencontre un homme étrange, Ray Sheridan (Kevin
Kline), qui semble lui aussi s'intéresser aux truands.
Le sujet est exactement le même que celui de "Human Trafficking",
mais la manière dont les deux films abordent le sujet est différente.
Tandis que l'oeuvre de Christian Duguay, beaucoup plus développée,
tente de montrer l'universalité du drame (et réussit, d'ailleurs fort bien),
en suivant le parcours de trois jeunes filles issues de pays et de
milieux totalement différents, expédiés comme du bétail à travers les
continents, ce récit se concentre sur une tragédie individuelle vécue
par deux jeunes Mexicains issus de milieux très pauvres. Ici, pas de
multinationale dirigée comme une entreprise ordinaire, pas de
personnages hauts en couleur, pas d'enquêtes policières élaborées, mais
un suivi presque au jour le jour de deux pistes presque
parallèles : celle de la petite Adriana, fragile brebis convoyée par un
demi abruti, Manuelo (Marco Pérez), vers un avenir en forme d'abattoir
; et celle de Ray, lui aussi déboussolé, en quête d'on ne sait pas trop
quelle repentance ou réhabilitation. Pour être moins
immédiatement magnétique que le film de Christian Duguay,
celui-ci cherche à atteindre l'émotionnel profond par des
procédés simples, austères, privés de tout spectaculaire, aussi arides
que le pays traversé par les protagonistes. Le résultat est glaçant,
poignant et remarquablement efficace. Kevin Kline se montre d'une
sobriété exceptionnelle. Une mention spéciale également au jeune Cesar Ramos, criant de vérité.
Bernard
Sellier