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" Transsibérien ",  

( Transsiberian ),      1969,

de : Brad  Anderson, 

avec : Woody Harrelson, Emily Mortimer, Ben Kingsley, Eduardo Noriega, Kate Mara, Thomas Kretschmann, Etienne Chicot,

Musique : Alfonso Vilallonga

*******

transsiberian

     

      Roy (Woody Harrelson) et sa femme Jessie (Emily Mortimer) sont venus à Pekin à l'occasion d'un jumelage que leur église américaine organise pour venir en aide aux enfants chinois. Pour prodiguer à son épouse un parfum d'aventure, Roy a choisi de voyager par le Transsibérien pour regagner Moscou. Dans le train, le couple fait la connaissance de Abby (Kate Mara) et de son compagnon Carlos (Eduardo Noriega), qui partagent leur compartiment. Après avoir quitté Irkoutsk, Jessie se rend compte avec angoisse que Roy n'est pas remonté dans le train...

    Chez le spectateur qui entre dans le film sans rien connaître de son contenu, s'installe durant une assez longue période une ignorance enrichissante des voies que va emprunter  le scénario. Certes, les premières minutes d'exposition ont ouvert une direction précise. Mais, fort habilement, l'histoire installe ensuite très progressivement l'oppression, le malaise, ménage avec intelligence les développements qui vont peu à peu quitter la sérénité pour cotoyer le drame. Globalement, même si le voyage de Roy et de Jessie atteint un instant les frontières du cauchemar, l'oeuvre se situe beaucoup plus dans le registre de la tragédie intimiste que dans celui du polar. A côté d'un Woody Harrelson gentillet mais falot, c'est Jessie qui habite véritablement le film, portant sur ses épaules le poids d'un secret que l'on pourrait croire, à tort, beaucoup trop lourd pour elle. C'est avec maîtrise et justesse que son personnage traverse une crise existentielle majeure, quasiment initiatique (qu'il est faicile de sombrer dans le côté obscur alors que l'on croit se tenir ferme dans la lumière !), et Emily Mortimer vit son épreuve avec autant de conviction que de subtilité. L'intrigue policière, à laquelle les puristes pourront reprocher  une certaine approximation, voit son aura relevée par l'ambiguïté de Ben Kingsley, toujours mémorable même dans les rôles les plus brefs ou ingrats. Dépaysement assuré, tension savamment dosée, avec, au final, un portrait de femme touchant et sincère.

Bernard  Sellier               

 

 

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