Leo
(Alex Descas) est un médecin qui vit dans une petite ville en compagnie
de sa femme Coré (Béatrice Dalle), dont la fâcheuse tendance est de
dévorer ses amants occasionnels. Pendant qu'il répare les délires de
son épouse, un jeune couple américain, Shane (Vincent Gallo), médecin
lui aussi, et June (Tricia Vessey) arrivent à Paris en lune de miel. En
réalité, Shane désire retrouver trace de leo qui mena jadis des
recherches étonnantes sur le cerveau...
A la vision d'une telle oeuvre, épuisante, non pour les nerfs, mais,
hélas !, pour la patience du spectateur moyen, une question s'impose :
quel a été le but de la réalisatrice en donnant naissance à un tel
monument d'ennui ? Mis à part, bien évidemment, le fait d'avoir
utilisé la pellicule et l'écran pour exorciser quelques démons
intérieurs sans doute hautement pathologiques. S'il est en effet tout
à fait concevable de se passionner pour des personnages même affectés
de déviances extrêmes, encore faut-il qu'un minimum de communication
soit établi entre le sujet de l'étude et le témoin spectateur.
Surtout lorsque, dans le cas présent comme dans celui du "Crash"
de David Cronenberg, les manifestations nées des perturbations
psychiques ne sont pas vraiment en résonance avec celles de la
majorité des humains. Mais quand, en plus, la distanciation vis à vis
des protagonistes côtoie un vide intersidéral, tant au niveau de la
communication dialoguée (proche ici du zéro absolu), que de la trame
narrative (hormis deux agressions sauvages, ne nous sont offertes que
des séquences d'une banalité qui rebuterait le plus complaisant des
cinéphiles), le spectateur n'a plus qu'une envie : jeter l'éponge
!
Devant cet objet visuel qui n'est ni un film d'horreur (ou alors d'une
inefficacité absolue), ni une étude psychologique (les personnages
sont totalement inhabités), ni un thriller (l'impact émotionnel est
inexistant), ni un délire symbolique (style Alejandro Jodorowsky), un
seul mot vient à l'esprit : mortel ! Oui, mais pas dans le sens voulu
par Claire Denis...