David Callaway (Robert De Niro) est psychologue à New York. Il
est marié depuis plusieurs années avec Alison (Amy Irving), mais
leur union semble battre de l'aile. Ils ont une charmante fillette,
Emily (Dakota Fanning). Une nuit, c'est le drame. David se réveille
et découvre que sa femme s'est ouvert les veines dans sa baignoire.
Désireux d'éloigner l'enfant, il s'installe dans une petite ville
provinciale, Woodland, malgré l'opposition d'une de ses anciennes
élèves, Katherine (Famke Janssen), qui aurait souhaité poursuivre
la thérapie d'Emily. Celle-ci, dès son installation dans la nouvelle
demeure, se débarrasse de sa poupée préférée, et s'invente un
compagnon imaginaire de jeu, le mystérieux "Charlie"...
Contrairement à nombre de scénarios qui promettent beaucoup dans
leur partie préliminaire, mais s'effondrent dans le banal ou le
grotesque, dès que l'explication présente sa frimousse, celui-ci
tient relativement bien sur la longueur. Certes, l'exposition se
révèle parfois longuette, un brin répétitive, déjà vue par
ailleurs. Mais cette retenue ne nuit pas trop à la tension qui
s'installe avec efficacité. Il faut dire que Dakota Fanning, à
l'instar d'un Haley Joel Osment, par exemple, nous gratifie d'un
regard et d'un magnétisme qui ne manquent pas de glacer le sang.
Sagement, intelligemment, le réalisateur s'abstient, dans toute cette
longue préparation du drame, de tout débordement spectaculaire. Sans
être particulièrement originales, les séquences se révèlent
suffisamment anxiogènes pour construire une petite bombe à
retardement dont on attend avec une certaine imaptience l'explosion.
Lorsque celle-ci se produit, elle est d'une sécheresse troublante et,
surtout, elle transforme, a posteriori, notre vision des événements
préparatoires, qui se teintent d'un coloris sombre et manipulateur.
Il devient même difficile de regretter le côté déjà vu de la
bestialité qui s'installe, tant le scénario semble faire fi des
happy end souvent de mise dans ce type d'entreprise. A ce titre, le
final retenu (plusieurs ont été tournés), clôt avec une sobriété
extrême et une ambiguité logique cette histoire très classique,
mais habilement manipulatrice. Rien de révolutionnaire ou de
novateur, mais un spectacle correctement huilé.