Clarence
Worley (Christian Slater) rencontre la jolie Alabama Whitman (Patricia
Arquette) dans un cinéma. Ils tombent amoureux l'un de l'autre et se
marient rapidement, bien que la jeune fille ait avoué être une call
girl... depuis quatre jours. Clarence reçoit l'inspiration de rendre
visite à l'ancien "employeur" de sa femme, Drexl Spivey (Gary Oldman).
L'entretien tourne rapidement au vinaigre, Clarence exécute son
interlocuteur, et s'enfuit avec une valise remplie de cocaïne. Mais le
propriétaire de celle-ci, Vincenzo Coccotti (Christopher Walken) n'est
pas homme à se laisser truander sans réagir violemment...
Il y a une certaine
difficulté à reconnaître le style de Tony Scott dans cette virée
meurtrière qui n'a de "romance" que le nom. Aucune trace, en effet,
hormis quelques séquences aussi agitées que sanglantes, de ces montages
hyper-speedés que le réalisateur affectionne particulièrement ("Ennemi d'état", "L'attaque du métro 123"...). En
revanche, il ne fait aucun doute que la patte du scénariste, à savoir
Quentin Tarentino, émerge à maintes reprises, en particulier dans des
vagues de dialogues décalés, voire improbables (l'interrogatoire
surréaliste de Dennis Hopper par un Christopher Walken toujours aussi
inquiétant), sans parler des multiples références cinématographiques
qui émaillent les conversations de Clarence, fondu d'Elvis et de films
de kung-fu. Ainsi que ce sera le cas pour les futures oeuvres de
Tarentino, il faut donc prendre cette aventure comme un défoulement
souvent jouissif, traversé de personnalités loufoques, plutôt que comme
un drame psycho-sociologique à la manière de "Tueurs
nés" ou encore "Kalifornia". Les
brutales bouffées de sauvagerie qui transforment ponctuellement le doux
et romantique Clarence en une brute sanguinaire tiennent plutôt de
l'artifice scénaristique que d'une quelconque approche psychologique,
mais, au moins, pour une fois, le réalisateur prend le temps de
respirer, de faire vivre et vibrer ses personnages, tout en réservant
quelques moments franchement hilarants au sein de cet univers foutraque. Sympathique petite mélopée de Hans Zimmer.
> Le film
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