Leonard Kraditor (Joaquin Phoenix) travaille
avec ses parents dans le pressing qu'ils possèdent, s'intéresse à la
photographie, mais souffre de dépression chronique et tente à plusieurs
reprises de se suicider. Presque simultanément, il fait la connaissance
de deux charmantes jeunes femmes. La première, Sandra Cohen (Vinessa
Shaw) est la fille d'un couple intéressé par le rachat du commerce. La
seconde, Michelle Rausch (Gwyneth Paltrow) vient d'emménager dans
l'immeuble et vit une histoire d'amour compliquée avec un homme marié,
Ronald Blatt (Elias Koteas)...
Après l'enthousiasme généré par "La
nuit nous appartient",
ce film était précédé d'une réputation
extrêmement flatteuse. La surprise est donc grande d'assister, durant
une large moitié de l'oeuvre, à une romance très classique, tant sur le
fond que sur la forme. Le personnage, manifestement torturé
intérieurement, que campe avec une authenticité et une sobriété sans
failles Joaquin Phoenix, semble riche de promesses, mais elles
demeurent à l'état larvaire, en raison d'une dramaturgie étrangement
atone. Le milieu israëlite retenu apparaît lui aussi anecdotique,
n'apportant aucun enrichissement à l'histoire. Pourtant, grâce à une
sensibilité à fleur de peau, à une finesse, une élégance, une
délicatesse constantes, et surtout à une respectueuse tendresse pour
ses personnages, cette chronique d'une tentative de rééducation de
handicapés de l'amour se révèle, au bout du compte, et malgré une
absence notable de noeuds dramatiques majeurs, profondément émouvante.
Film
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