Un
cargo américain transportant en secret des têtes
nucléaires à destination du Japon, est sauvagement attaqué par un
groupe de Coréens du Nord, dirigé par Sin (Dong-Kun Jang). Les Sud
Coréens chargent un de leurs meilleurs éléments, Gang Se-jong
(Jung-Jae Lee), de retrouver la cargaison et les auteurs du
massacre.
Le polar à la "coréenne" génère souvent chez le spectateur
des surprises plus ou moins bonnes. En l'occurrence, nous sommes plutôt
ici dans le premier cas de figure. Tout commence dans le sang, la
sauvagerie, la haine aveugle, et l'on se prépare à une débauche
d'actions aussi primaires que frénétiques. Puis apparaît le
personnage du flic, et, là, un premier doute surgit. Il n'a pas
vraiment la dégaine du Rambo ou du Steven Seagal de service. Une
profonde détermination le caractérise, certes, mais tempérée de
manière heureuse par une sensibilité et une intelligence du coeur qui
ne feront que s'affermir au fur et à mesure que la traque se fera plus
dramatique.
Passablement surprenantes, également, ces séquences hautement
émotionnelles qui installent sans honte leur douleur cuisante au fil
des flash-back. On les dirait parfois surgies de la caméra de Nick
Cassavetes. Puis, en quelques secondes, nous sommes replongés corps et
âme dans le carnage le plus désincarné.
Au final, grâce en particulier à l'implication exemplaire des deux
"frères-ennemis" (Sin, en particulier est sidérant de
naturel dans ses deux facettes antinomiques !), mais aussi au mélange
d'infantilisme et de sobriété sauvage dans le développement de
l'histoire, le film marque la mémoire tout en développant une
réflexion plus qu'amère sur la folie séparatrice des hommes et
l'impossible réconciliation...